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	<title>Le Cha&#238;non manquant</title>
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	<description>Un journal en ligne pour parler des questions urbaines &#224; Li&#232;ge</description>
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		<title>L'ancien institut de stomatologie &#224; Bavi&#232;re en sursis</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlier*S&#233;bastien</dc:creator>


		<dc:subject>Architecture</dc:subject>
		<dc:subject>Outremeuse</dc:subject>
		<dc:subject>Patrimoine</dc:subject>

		<description>D&#233;cid&#233;ment, les t&#233;moins majeurs de l'architecture des ann&#233;es 30 connaissent un avenir contrast&#233; &#224; Li&#232;ge. Alors que les programmes de r&#233;affectation de la piscine de la Sauveni&#232;re et du site du Val Beno&#238;t semblent &#234;tre en bonne voie, deux &#233;difices embl&#233;matiques de l'entre-deux-guerres, connaissent un avenir incertain. La patinoire de Li&#232;ge (ancien palais permanent de la Ville de Li&#232;ge, arch. Jean Moutschen, 1939) est aujourd'hui d&#233;saffect&#233;e tandis que l'ancien institut de stomatologie (arch. Charles Servais, (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/en-ville/" rel="directory"&gt;En ville&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/mots-techniques/une" rel="tag"&gt;Une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/architecture" rel="tag"&gt;Architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/outremeuse" rel="tag"&gt;Outremeuse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/patrimoine" rel="tag"&gt;Patrimoine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton109-188a6.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, les t&#233;moins majeurs de l'architecture des ann&#233;es 30 connaissent un avenir contrast&#233; &#224; Li&#232;ge. Alors que les programmes de r&#233;affectation de la piscine de la Sauveni&#232;re et du site du Val Beno&#238;t semblent &#234;tre en bonne voie, deux &#233;difices embl&#233;matiques de l'entre-deux-guerres, connaissent un avenir incertain. La patinoire de Li&#232;ge (ancien palais permanent de la Ville de Li&#232;ge, arch. Jean Moutschen, 1939) est aujourd'hui d&#233;saffect&#233;e tandis que l'ancien institut de stomatologie (arch. Charles Servais, 1939) est promis &#224; la d&#233;molition. En cit&#233; ardente, des voix s'&#233;l&#232;vent d&#233;j&#224; contre la disparition d'un &#233;difice qui pour beaucoup laisse craindre l'abandon d&#233;finitif du projet &#171; Bavi&#232;re &#187;, l'un des plus beaux exemple de requalification urbaine de ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_160 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/dentisterie_1.jpg&quot; title='JPEG - 347.8 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L350xH244/dentisterie_1-db247-3169a.jpg' width='350' height='244' alt='JPEG - 347.8 ko' style='height:244px;width:350px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-160 spip_doc_descriptif' style='width:350px; texte-align:justify;'&gt;Fig. 1 : Institut de stomatologie, fa&#231;ade ouest, photographie non dat&#233;e prise du boulevard de la Constitution. &#169; Collections artistiques de l'Universit&#233; de Li&#232;ge.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;L'institut de stomatologie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1926, l'Universit&#233; de Li&#232;ge installe un petit service de stomatologie dans une maison particuli&#232;re du boulevard de la Constitution. Situ&#233; dans l'ensemble hospitalier de Bavi&#232;re, le service rencontre un succ&#232;s certain et se r&#233;v&#232;le vite trop exigu. Dans les ann&#233;es 20, la dentisterie devient une discipline universitaire et les soins dentaires ne peuvent plus &#234;tre exerc&#233;s que par des dipl&#244;m&#233;s de l'universit&#233; (licenci&#233;s en sciences dentaires). La n&#233;cessit&#233; de nouvelles infrastructures s'impose. Le nouveau b&#226;timent s'inscrit dans un contexte de modernisation des b&#226;timents universitaires marqu&#233; notamment par la construction des nouveaux instituts du Val Beno&#238;t. En 1934, Charles Servais est choisi pour &#233;tablir le programme des nouvelles constructions. Ce jeune architecte, dipl&#244;m&#233; avec grande distinction de l'Acad&#233;mie royale des Beaux-Arts de Li&#232;ge en 1927, remporte le Prix Marie la m&#234;me ann&#233;e. Malgr&#233; un brillant parcours scolaire, sa production reste discr&#232;te et on ne lui conna&#238;t que la r&#233;alisation de quelques habitations priv&#233;es (rue Fond Pirette, 1932) et un projet avort&#233; d'immeuble &#224; appartements (rue Saint-Laurent, 1939). La construction d'un institut universitaire repr&#233;sente donc pour Servais une commande importante. Servais dresse les plans en collaboration avec Henri Fauconnier. Charg&#233; de cours, il conna&#238;t bien l'organisation des grands instituts de stomatologie &#233;trangers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'institut de stomatologie doit r&#233;pondre &#224; deux exigences : former les futurs m&#233;decins et dentistes et assurer le service m&#233;dical pour la population. Le chantier est inaugur&#233; en 1937 mais conna&#238;t de nombreux retards. Les travaux sont termin&#233;s en 1940 et, l'ann&#233;e suivante, les patients peuvent &#234;tre soign&#233;s. L'inauguration officielle a lieu en 1946. Entour&#233; par le home pour infirmi&#232;re, les cliniques d'urologie et de p&#233;diatrie l'&#233;difice est implant&#233; sur une parcelle modeste. Il comporte 4 niveaux qui reposent sur une structure m&#233;tallique pens&#233;e pour supporter un exhaussement ult&#233;rieur. Un ensemble de 83 pieux Franki constituent les fondations.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_161 spip_documents'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/dentisterie_2.jpg&quot; title='JPEG - 521.5 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L500xH366/dentisterie_2-1a7a2-4db96.jpg' width='500' height='366' alt='JPEG - 521.5 ko' style='height:366px;width:500px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-161 spip_doc_descriptif' style='width:500px; texte-align:justify;'&gt;Fig. 2 : Institut de stomatologie, fa&#231;ade est en construction, photographie non dat&#233;e. &#169; Collections artistiques de l'Universit&#233; de Li&#232;ge.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Le rez-de-chauss&#233;e conjugue les fonctions d'accueil et d'enseignement : on y trouve une grande salle d'attente capable d'accueillir pr&#232;s de 80 personnes, des installations sanitaires, une salle de comptabilit&#233;, un auditoire pour 50 &#224; 60 &#233;l&#232;ves avec vestiaires, une biblioth&#232;que sp&#233;cialis&#233;e, une salle de collection, un bureau pour le professeur directeur, un bureau pour les assistants et une salle pour le personnel. Le premier &#233;tage est domin&#233; par la vaste salle de clinique en liaison avec la salle d'extraction qui occupent toute la longueur de la fa&#231;ade. Une large baie vitr&#233;e permet un &#233;clairage naturel optimal de cet espace d&#233;di&#233; aux soins. S&#233;par&#233;s par un large hall, les espaces r&#233;serv&#233;s au personnel et aux &#233;tudiants comportent une grande salle de d&#233;monstration, un laboratoire pour 25 &#233;l&#232;ves, une salle de radiographie avec chambre noire, un local de st&#233;rilisation et une laboratoire de pharmacie. Le second &#233;tage se compose d'une salle de prise d'empreintes avec salle d'attente, d'une salle pour l'anesth&#233;sie g&#233;n&#233;rale, d'un petit espace de repos avec wc, d'un grand laboratoire de proth&#232;se pour 25 &#233;tudiants et d'un local pour les m&#233;caniciens. L'acc&#232;s aux diff&#233;rents niveaux se fait gr&#226;ce &#224; un grand ascenseur ainsi que par une belle cage d'escalier enti&#232;rement vitr&#233;e. Au niveau du traitement de la fa&#231;ade, Charles Servais s'inscrit dans un &#233;clectisme donnant la parole tant au vernaculaire qu'au modernisme des ann&#233;es 30. Ce compromis se marque particuli&#232;rement dans le dialogue de la brique et du verre qui constituent les deux principaux mat&#233;riaux de la fa&#231;ade. La mise en avant du jeu des volumes illustre quant &#224; elle une tendance de l'architecture moderne que l'on retrouve souvent &#224; Li&#232;ge notamment dans les constructions du Val Beno&#238;t ou dans les &#339;uvres des fr&#232;res Moutschen, de Ernest Montrieux, de Henri Snyers ou des membres du Groupe L'Equerre. Comme eux, Charles Servais rejette l'ornementation gratuite. Seules les baies du demi sous-sol et les bouches d'a&#233;ration sont d&#233;cor&#233;es de grilles aux formes g&#233;om&#233;triques. Publi&#233; par de nombreuses revues sp&#233;cialis&#233;es belges et &#233;trang&#232;res, l'institut de stomatologie fait l'objet d'un long article dans la revue B&#226;tir qui souligne &#171; la qualit&#233; essentielle du rythme de la b&#226;tisse &#187; |&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='VAN EVERBROECK, Louis, L'institut de stomatologie de l'Universit&#233; de Li&#232;ge (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;|.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_162 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/dentisterie_3.jpg&quot; title='JPEG - 526.1 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L300xH401/dentisterie_3-20897-023c6.jpg' width='300' height='401' alt='JPEG - 526.1 ko' style='height:401px;width:300px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-162 spip_doc_descriptif' style='width:300px; texte-align:justify;'&gt;Fig. 3 : Institut de stomatologie, 17 septembre 2004. &#169; S&#233;bastien Charlier
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Pendant 30 ans, le b&#226;timent ne conna&#238;t pas de transformations notables. Il faut attendre le d&#233;but des ann&#233;es 70 pour voir la modernisation de l'&#233;difice et l'exhaussement de deux nouveaux &#233;tages. En 1985, contrairement aux autres services de l'h&#244;pital de Bavi&#232;re, l'institut n'est pas transf&#233;r&#233; au Sart Tilman. Ce choix de rester au c&#339;ur de la ville est d&#233;lib&#233;r&#233; : au cours de sa formation, l'&#233;tudiant doit &#234;tre mis en contact avec la r&#233;alit&#233; professionnelle. Le maintien dans le centre ville assure une proximit&#233; avec les patients. Bref r&#233;pis pour cette clinique qui sera finalement abandonn&#233;e par l'universit&#233; qui pr&#233;f&#232;re investir dans de nouvelles installations sur le site des polycliniques Brull. En 2001, l'ancien institut de stomatologie est d&#233;finitivement ferm&#233; et laiss&#233; aux mains des vandales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2005, la Ville de Li&#232;ge entend valoriser le site de Bavi&#232;re en privil&#233;giant le logement. En f&#233;vrier 2006, le laur&#233;at est d&#233;sign&#233; et le projet, outre la construction de 600 logements, maintient l'institut de stomatologie dans le dispositif global. Une affectation reste cependant &#224; d&#233;finir pour ce &#171; symbole architectural de la modernit&#233; h&#233;ro&#239;que &#187; |&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='LANTAIR, Georges-Eric, Le triangle Bavi&#232;re, un projet pour la cit&#233; dans (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;|. En 2008, le projet immobilier tombe &#224; l'eau. Le promoteur entend aujourd'hui se d&#233;barrasser du terrain et vient de d&#233;poser une demande de permis de d&#233;molir l'ancien institut. Dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;| VAN EVERBROECK, Louis, &lt;i&gt;L'institut de stomatologie de l'Universit&#233; de Li&#232;ge&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;B&#226;tir&lt;/i&gt;, n&#176; 75, Bruxelles, f&#233;vrier 1939, p. 70.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;| LANTAIR, Georges-Eric, &lt;i&gt;Le triangle Bavi&#232;re, un projet pour la cit&#233;&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Art&amp;fact &#8211; L'architecture au XX&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; Li&#232;ge&lt;/i&gt;, Li&#232;ge, 2009, p. 167.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article &#224; para&#238;tre dans les Nouvelles du patrimoine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lire aussi : &lt;a href=&quot;http://urbagora.be/interventions/communiques/la-dentisterie-menacee-baviere-a.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;La dentisterie menac&#233;e ? Bavi&#232;re &#224; la crois&#233;e des chemins&lt;/a&gt;, communiqu&#233; d'urbAgora, 20 janvier 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>

<item xml:lang="fr">
		<title>Un tramway urbaphobe</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Tram</dc:subject>

		<description>Chronique dans A+ #233 On pardonnera au chroniqueur de terminer l'ann&#233;e sur une note personnelle. Au moment o&#249; ce texte para&#238;tra, il est vraisemblable qu'une d&#233;cision d&#233;finitive aura &#233;t&#233; prise, par le gouvernement wallon, dans le dossier du tramway de Li&#232;ge. Au-del&#224; des infinis d&#233;tails dont on ne saurait discuter ici, on peut r&#233;sumer le d&#233;bat qui a eu lieu comme opposant deux figures, simplifi&#233;es pour les besoins de l'explication. La premi&#232;re est celle d'un tramway urbain, visant principalement &#224; (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/editos/" rel="directory"&gt;Editos&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/tram" rel="tag"&gt;Tram&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton98-72e50.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique dans A+ #233&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On pardonnera au chroniqueur de terminer l'ann&#233;e sur une note personnelle. Au moment o&#249; ce texte para&#238;tra, il est vraisemblable qu'une d&#233;cision d&#233;finitive aura &#233;t&#233; prise, par le gouvernement wallon, dans le dossier du tramway de Li&#232;ge. Au-del&#224; des infinis d&#233;tails dont on ne saurait discuter ici, on peut r&#233;sumer le d&#233;bat qui a eu lieu comme opposant deux figures, simplifi&#233;es pour les besoins de l'explication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re est celle d'un tramway urbain, visant principalement &#224; apporter des solutions de mobilit&#233; aux habitants de la ville, centr&#233; sur les zones de saturation de l'actuel r&#233;seau des bus et optimisant la desserte des zones les plus peupl&#233;es (notamment les quartiers populaires de la rive droite de la Meuse). Cette premi&#232;re figure &#8212; d&#233;fendue par l'asbl urbAgora et l'auteur de ces lignes &#8212; a pris la forme, dans le d&#233;bat, d'un maillage urbain organis&#233; autour d'une boucle centrale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seconde est celle d'un tramway traversant le tissu urbain le plus rapidement possible &#8212; par un trac&#233; tr&#232;s rectiligne et des arr&#234;ts tr&#232;s peu fr&#233;quents &#8212; pour relier entre eux quelques p&#244;les r&#233;put&#233;s &#171; m&#233;tropolitains &#187; et desservir des parking &#171; de dissuasion &#187; en bout de ligne. Elle se concr&#233;tise, dans la vision minist&#233;rielle, par une tr&#232;s longue ligne unique, en fond de vall&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut &#224; pr&#233;sent le dire : c'est clairement la seconde option qui l'a emport&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette d&#233;cision peut s'analyser sous le prisme d'un concept qui prend de plus en plus d'ampleur dans la recherche urbaine contemporaine : celui de l'&#171; urbaphobie &#187;. Trouvant un acte fondateur dans la th&#232;se du philosophe allemand Klaus Bergmann (&lt;i&gt;Agrarromantik und Grossstadfeindschaft&lt;/i&gt;, 1970), ayant fait r&#233;cemment l'objet d'un Colloque &#224; Cerisy (juin 2007, actes publi&#233;s aux PPUR en 2010 sous le titre &lt;a href=&quot;http://bib.urbagora.be/catalogue/antiurbain-origines-et.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Antiurbain&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;), tout un courant de recherche s'est d&#233;velopp&#233;, par exemple dans les travaux de Bernard Marchand. Son propos &#8212; notamment d&#233;velopp&#233; dans &lt;a href=&quot;http://bib.urbagora.be/catalogue/les-ennemis-de-paris-la-haine-de.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Les ennemis de Paris&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2009) &#8212; montre que la grande ville, loin d'&#234;tre la pr&#233;datrice du &#171; pays profond &#187;, rural et authentique, est en fait le c&#339;ur de la production de richesses. Et les quartiers populaires urbains &#8212; les banlieues, en France, mais l'analyse m&#233;riterait une transposition &#224; notre contexte belge &#8212; sont loin de recevoir, dans l'investissement public, les fruits de la contribution de leurs habitants &#224; la prosp&#233;rit&#233; collective.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'&#224; Li&#232;ge, on pr&#233;f&#232;re construire du tram dans des zones peu denses o&#249; rien ne le justifie sinon ces fumeux &#171; parkings de dissuasion &#187; (alors que par ailleurs, les potentialit&#233;s du r&#233;seau ferr&#233; demeurent gravement sous-exploit&#233;es pour desservir le grand hinterland de la ville), tandis qu'on laisse sans solution des quartiers o&#249; les bus ne s'arr&#234;tent m&#234;me plus tant ils sont remplis, la violence (de classe) urbaphobe ne cherche donc plus &#224; se cacher. Elle se concr&#233;tise, de fa&#231;on caricaturale, dans la tarification discriminatoire &#8212; quasi-gratuit&#233; pour les aimables visiteurs motoris&#233;s qui condescendent &#224; s'arr&#234;ter en bordure de la ville &#8212; qu'il est &#171; n&#233;cessaire &#187; de mettre en place pour remplir ces parkings &#171; de dissuasion &#187; tandis que les urbains paient plein tarif. Redistribution inverse, on vous disait...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>

<item xml:lang="fr">
		<title>Investissement ferroviaire</title>
		<link>http://lechainonmanquant.be/editos/investissement-ferroviaire.html</link>
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		<dc:date>2011-10-25T22:53:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Chemin de fer</dc:subject>

		<description>Chronique dans A+ #232 Tous les dix ou douze ans a lieu la n&#233;gociation &#8212; dans laquelle les R&#233;gions ont leur mot &#224; dire &#8212; des plans d'investissements du groupe SNCB. C'est bien s&#251;r un moment cl&#233; pour l'organisation de la mobilit&#233;. Ce l'est aussi pour celle du territoire, tant il y est vrai que le rail joue un r&#244;le majeur sur ce plan &#8212; et va jouer un r&#244;le de plus en plus central avec la saturation des infrastructures routi&#232;res et la pression sur les prix &#233;nerg&#233;tiques. Si la Flandre dispose d'&#233;vidence (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/editos/" rel="directory"&gt;Editos&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/chemin-de-fer" rel="tag"&gt;Chemin de fer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton95-172ed.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique dans &lt;a href=&quot;http://www.a-plus.be/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;A+&lt;/a&gt; #232&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les dix ou douze ans a lieu la n&#233;gociation &#8212; dans laquelle les R&#233;gions ont leur mot &#224; dire &#8212; des plans d'investissements du groupe SNCB. C'est bien s&#251;r un moment cl&#233; pour l'organisation de la mobilit&#233;. Ce l'est aussi pour celle du territoire, tant il y est vrai que le rail joue un r&#244;le majeur sur ce plan &#8212; et va jouer un r&#244;le de plus en plus central avec la saturation des infrastructures routi&#232;res et la pression sur les prix &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la Flandre dispose d'&#233;vidence d'une strat&#233;gie ferroviaire, si Bruxelles b&#233;n&#233;ficie d'un d&#233;bat urbain tr&#232;s vivant, notamment sur la mobilit&#233;, la Wallonie, quant &#224; elle, semble s'&#233;garer dans une vision somptuaire et anecdotique du chemin de fer. En d&#233;pit d'une cl&#233; de r&#233;partition des moyens (60% - 40%) tr&#232;s d&#233;favorable &#224; son territoire plus &#233;tendu, il semble difficile d'y d&#233;gager des priorit&#233;s qui am&#233;lioreront le service pour les usagers quotidiens du rail. Apr&#232;s le projet de lignes nouvelles le long des autoroutes, d&#233;fendu il y a une dizaine d'ann&#233;es et heureusement oubli&#233;, deux projets t&#233;moignent de cet &#233;tat de fait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La destruction annonc&#233;e de la gare de Mons pour lui substituer une &#171; gare Calatrava &#187;, sur le mod&#232;le li&#233;geois, est un non-sens ferroviaire. Rien ne justifie en effet le remplacement &#8212; plut&#244;t que la r&#233;novation et la modernisation &#8212; de cette gare qui est en bon &#233;tat et suffit aux besoins de ses usagers. De surcroit, cette d&#233;cision t&#233;moigne d'un m&#233;pris regrettable pour l'architecture des ann&#233;es '50 &#8212; la gare est un b&#226;timent remarquable de l'architecte Ren&#233; Panis, qu'on risque fort de regretter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le projet d'une gare souterraine sous l'a&#233;roport de Gosselies (un demi-milliard d'euros) est encore plus stup&#233;fiant. Loin d'&#234;tre la grande gare dont le Nord de l'agglom&#233;ration carolor&#233;gienne aurait besoin, reli&#233;e aux transports urbains et facilitant, pour ses habitants, la mobilit&#233; vers Nivelles, Bruxelles ou Anvers, le projet est exclusivement centr&#233; sur l'activit&#233; a&#233;roportuaire, dont le mod&#232;le &#233;conomique &#8212; le &#171; low cost &#187; &#8212; est pourtant &#233;minemment fragile, co&#251;te plus cher qu'il ne rapporte &#224; la R&#233;gion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les performances de la dorsale wallonne, entre Li&#232;ge et Tournai, restent dramatiquement mauvaises. Des sous-r&#233;gions enti&#232;res ne sont plus desservies par le rail et le parlement wallon s'est oppos&#233; (!), pour d'obscurs motifs, &#224; la r&#233;ouverture du tron&#231;on frontalier Dinant-Givet. Ne parlons m&#234;me pas d'une vision plus prospective, visant &#224; r&#233;organiser le r&#233;seau autour d'axes correspondants aux besoins actuels &#8212; telle que la &lt;a href=&quot;http://transbrabanconne.be/&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Transbraban&#231;onne&lt;/a&gt;. Elle rel&#232;ve dans les circonstances actuelles de l'aimable utopie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis, surtout, peu de monde en Wallonie semble se soucier du non-respect, par la SNCB de l'obligation qui lui est faite dans son article 10 d'&#233;tudier la faisabilit&#233; de r&#233;seaux suburbains autour des quatre grandes villes du pays, outre Bruxelles : Anvers, Charleroi, Gand et Li&#232;ge. Il s'agit pourtant d'une opportunit&#233; majeure pour ces quatre villes &#8212; &#224; l'instar des grandes villes allemandes qui disposent toutes d'un &#171; S-Bahn &#187; &#8212; de trouver des solutions de mobilit&#233; &#224; moindre co&#251;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;mocratie urbaine ?</title>
		<link>http://lechainonmanquant.be/editos/democratie-urbaine.html</link>
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		<dc:date>2011-10-11T08:49:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>

		<description>Chronique dans A+ #231 - ao&#251;t/septembre 2011 Alors que d&#233;bute la campagne des &#233;lections communales, il n'est pas inutile de s'interroger sur l'&#233;tat du d&#233;bat d&#233;mocratique a l'&#233;chelon local. Trop nombreux, nous semble-t-il, y sont en effet les responsables a toujours consid&#233;rer l'&#233;lection comme suffisante &#8212; rejetant volontiers toute forme de &#171; d&#233;mocratie participative &#187; (formule consacr&#233;e) comme inefficace ou ill&#233;gitime. &#192; leur yeux, &#171; la &#187; d&#233;mocratie est un r&#233;gime politique, une cat&#233;gorie binaire (to be or (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton96-1959f.png&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique dans A+ #231 - ao&#251;t/septembre 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que d&#233;bute la campagne des &#233;lections communales, il n'est pas
inutile de s'interroger sur l'&#233;tat du d&#233;bat d&#233;mocratique a l'&#233;chelon
local. Trop nombreux, nous semble-t-il, y sont en effet les responsables a
toujours consid&#233;rer l'&#233;lection comme suffisante &#8212; rejetant volontiers
toute forme de &#171; d&#233;mocratie participative &#187; (formule consacr&#233;e) comme
inefficace ou ill&#233;gitime. &#192; leur yeux, &#171; la &#187; d&#233;mocratie est un r&#233;gime
politique, une cat&#233;gorie binaire (to be or not...). Tel n'est pas notre
avis. L'id&#233;e d&#233;mocratique devrait plut&#244;t &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un principe
&lt;br /&gt;&#8212; jamais pleinement r&#233;alis&#233; et intrins&#232;quement souhaitable &#8212;, celui du
droit de chaque citoyen a prendre part a la d&#233;lib&#233;ration publique. Ce qui
suppose quelques &#233;gards pour lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut d'abord reconnaitre comme (aussi) politiques &#8212; et &#224; ce titre
susceptibles de faire l'objet du d&#233;bat &#8212; des questions qui sont
aujourd'hui cantonn&#233;es &#224; la seule sph&#232;re des techniciens. L'urbanisme ou
les grands projets d'architecture publique sont &#233;videmment concern&#233;s. &#192; ce
titre, le r&#244;le des experts est appel&#233; a &#233;voluer, en augmentant le nombre
de leurs interlocuteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut ensuite rendre disponible toute l'information int&#233;ressant le d&#233;bat
public. La mise en ligne de l'information &#8212; y compris celle qui concerne
les demandes de permis d'urbanisme ou le travail des CCATM &#8212; devrait &#234;tre
syst&#233;matique et rapide. Plus que cela, les grandes villes devraient se
doter &#8212; les mod&#232;les internationaux ne manquent pas &#8212;, de lieux d&#233;di&#233;s a
l'exposition de leurs projets.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut enfin permettre l'existence d'un d&#233;bat contradictoire. Cela passe
notamment par l'inscription, dans les missions des t&#233;l&#233;visions publiques
locales, de l'organisation d'un d&#233;bat hebdomadaire. Cela passe aussi par
le financement &#8212; et notamment par chacun d'entre nous &#8212; de contre-pouvoirs a qui il est demand&#233; de produire un travail d'analyse et de documentation critique sur les projets d'am&#233;nagement urbain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est seulement lorsque ces trois conditions sont remplies qu'il devient
pertinent d'envisager des formes de d&#233;mocratie dite &#171; participative &#187; &#8212; qui
ne seront que des compl&#233;ments au processus repr&#233;sentatif qui conserve sa
centralit&#233;. Loin des caricatures qu'on en fait, les possibilit&#233;s
int&#233;ressantes ne manquent pas &#8212; concours d'id&#233;es, budgets
participatifs,... &#8212; et leur usage peut am&#233;liorer la qualit&#233; des projets
tout en &#233;vitant de st&#233;riles confrontations entre promoteurs d'un projet
s'ent&#234;tant dans une id&#233;e et citoyens r&#233;duits malgr&#233; eux &#224; la figure des
opposants &#171; b&#234;tes et m&#233;chants &#187;. On en est loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;sistibles centres commerciaux</title>
		<link>http://lechainonmanquant.be/editos/resistibles-centres-commerciaux.html</link>
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		<dc:date>2011-04-23T22:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Commerce</dc:subject>

		<description>Chacun l'a appris &#224; l'&#233;cole : la fonction commerciale a toujours &#233;t&#233; d&#233;terminante dans la fabrication de la ville. L'&#233;change commercial a &#233;t&#233; facteur de s&#233;dimentation de l'habitat aux temps primitifs. Dans l'Ath&#232;nes pr&#233;-classique, l'agora voit se chevaucher la fonction commerciale et la fonction politique. De m&#234;me, dans la ville m&#233;di&#233;vale, enserr&#233;e dans ses fortifications, la place du march&#233; est souvent la principale sinon la seule place publique. Suscitant brassage et rencontres, le commerce a contribu&#233; &#224; (...)

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		</description>


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chacun l'a appris &#224; l'&#233;cole : la fonction commerciale a toujours &#233;t&#233; d&#233;terminante dans la fabrication de la ville. L'&#233;change commercial a &#233;t&#233; facteur de s&#233;dimentation de l'habitat aux temps primitifs. Dans l'Ath&#232;nes pr&#233;-classique, l'agora voit se chevaucher la fonction commerciale et la fonction politique. De m&#234;me, dans la ville m&#233;di&#233;vale, enserr&#233;e dans ses fortifications, la place du march&#233; est souvent la principale sinon la seule place publique. Suscitant brassage et rencontres, le commerce a contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence de la vie publique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis quelques d&#233;cennies, la machine s'est manifestement enray&#233;e : les nouveaux d&#233;veloppements commerciaux ont &#233;t&#233; s'installer &#224; proximit&#233; des noeuds autoroutiers. Et le centre commercial appara&#238;t comme le fer de lance, avec la d&#233;mocratisation de la voiture individuelle et le r&#234;ve d'une vie &#171; &#224; la campagne &#187;, d'une urbanisation massive, &#233;clat&#233;e et extensive. Entre des services publics infinan&#231;ables en raison de la trop faible densit&#233;, la d&#233;pendance g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; la voiture individuelle, des co&#251;ts tr&#232;s importants de raccordement aux r&#233;seaux collectifs et d'entretien de ceux-ci, une r&#233;duction constante de la surface agricole dont il est plus que temps de s'inqui&#233;ter, les raisons de tirer le signal d'alarme ne manquent pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Heureusement, le constat de ce d&#233;sastre fait aujourd'hui de plus en plus largement consensus. Quelques d&#233;cennies trop tard, sans doute, mais les mentalit&#233;s &#233;voluent. En Wallonie, les &lt;a href=&quot;http://henry.wallonie.be/politique-d-amenagement-du-territoire-pour-le-21e-siecle-le-ministre-henry-presente-les-lignes-de-force-de-sa-politique&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&#171; Lignes de force &#187;&lt;/a&gt; r&#233;cemment pr&#233;sent&#233;es par le ministre de l'am&#233;nagement du territoire, M. Philippe Henry, t&#233;moignent de ce tournant th&#233;orique, qu'il va maintenant falloir traduire &#8212; vaste programme &#8212; sur le plan r&#233;glementaire et l&#233;gal et dans les pratiques des administrations et autres intercommunales de d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est au nom de ces bonnes r&#233;solutions que divers responsables politiques &#8212; et M. Henry au premier rang d'entre eux &#8212; d&#233;fendent aujourd'hui l'implantation de centres commerciaux dans les centres urbains. Sa r&#233;cente d&#233;cision d'autoriser la construction de l'un d'entre eux au coeur de Verviers est fond&#233;e sur cette conviction &#8212; que nous partageons &#8212; selon laquelle le commerce doit revenir en ville. D'autres projets r&#233;cents &#8212; la &#171; M&#233;diacit&#233; &#187; de Li&#232;ge, &#171; L'esplanade &#187; de Louvain-la-Neuve &#8212; participent du m&#234;me mouvement et invoquent le m&#234;me type d'arguments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous pensons pourtant que construire des centres commerciaux en ville est une erreur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation actuelle est en effet celle d'un vide juridique. Profitant du rel&#226;chement r&#233;glementaire qu'a ouvert la &#171; directive Bolkestein &#187;, les promoteurs et les grandes enseignes se pr&#233;cipitent pour occuper le terrain. L'enjeu, &#224; leurs yeux, est moins, dans un contexte de saturation commerciale av&#233;r&#233; dans de nombreuses sous-r&#233;gions wallonnes, de d&#233;velopper de nouvelles activit&#233;s que de prendre des parts d'un march&#233; qui grandit peu. Ce qui implique que l'argument de la cr&#233;ation d'emplois, syst&#233;matiquement avanc&#233; par les promoteurs, doit souvent &#234;tre s&#233;rieusement relativis&#233; par les in&#233;vitables pertes d'emploi que g&#233;n&#233;reront la fermeture d'autres enseignes. Ce qui implique aussi que le commerce ind&#233;pendant &#8212; ce qu'il en reste &#8212; a du souci &#224; se faire. Dans ce contexte, un moratoire nous semble souhaitable tant qu'une nouvelle r&#233;glementation n'aura pas &#233;t&#233; adopt&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais surtout, l'importation en milieu urbain dense &#8212; a fortiori dans un centre historique &#8212; de la forme du centre commercial est selon nous inopportune : milliers de places de parking en sous-sol suscitant un charroi inadapt&#233; au r&#233;seau viaire, architecture tapageuse et m&#233;diocre, privatisation de vastes pans de l'espace public interrompant des cheminements existants, monofonctionnalit&#233; radicale,... Ce sont chaque fois les m&#234;mes recettes. Et chaque fois les m&#234;mes cons&#233;quences : une interaction tr&#232;s faible avec les quartiers environnants ; des infrastructures pr&#233;vues pour durer quelques dizaines d'ann&#233;es, le temps de leur rentabilisation, et qui deviendront ensuite des chancres et seront laiss&#233;es &#224; l'abandon ; et souvent la mort, dans le silence, de commerces de quartier. Ce sc&#233;nario n'a pourtant rien d'in&#233;luctable ; les voies permettant d'imaginer des alternatives et de fabriquer &#224; nouveau de l'urbanit&#233; avec le commerce sont connues : mixit&#233; fonctionnelle, cr&#233;ation de nouveaux espaces publics, relation directe entre ceux-ci et les espaces de vente, possibilit&#233; d'accession &#224; la propri&#233;t&#233; pour les commer&#231;ants et habitants, ouverture d'espaces r&#233;els &#224; la cr&#233;ativit&#233; architecturale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'un ministre de l'am&#233;nagement du territoire se pr&#233;occupe de mettre un terme &#224; la prolif&#233;ration p&#233;ri-urbaine, on doit le saluer et souligner la rupture que cela constitue. Mais s'il ne veut pas faire pis que bien, le retour du commerce &#224; la ville ne peut se concevoir sans une r&#233;flexion plus large sur les moyens de cette reconqu&#234;te. &#192; cet &#233;gard, l'exemple vervi&#233;tois risque &#224; nos yeux d'&#234;tre un contre-exemple. Nous voulons croire qu'il n'est pas trop tard pour faire marche arri&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Todibonisme</title>
		<link>http://lechainonmanquant.be/editos/todibonisme.html</link>
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		<dc:date>2011-04-13T22:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>



		<description>Chronique &#224; la revue A+, avril 2011 L'auteur de ces lignes, cycliste quotidien de son &#233;tat, a r&#233;cemment particip&#233; sous une casquette associative &#224; une r&#233;union portant sur l'&#233;valuation de la politique du v&#233;lo d'une grande ville de Wallonie. Il s'agissait de coter, sur une &#233;chelle de z&#233;ro &#224; quatre, une vingtaine d'indicateurs. Au cours de la r&#233;union, un repr&#233;sentant de l'autorit&#233; communale, qui n'avait quasiment rendu que des cotes de trois ou quatre, s'est exclam&#233; : &#171; Vous &#234;tes courageux, les cyclistes, de (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/editos/" rel="directory"&gt;Editos&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton85-0e2f2.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Chronique &#224; la revue A+, avril 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'auteur de ces lignes, cycliste quotidien de son &#233;tat, a r&#233;cemment particip&#233; sous une casquette associative &#224; une r&#233;union portant sur l'&#233;valuation de la politique du v&#233;lo d'une grande ville de Wallonie. Il s'agissait de coter, sur une &#233;chelle de z&#233;ro &#224; quatre, une vingtaine d'indicateurs. Au cours de la r&#233;union, un repr&#233;sentant de l'autorit&#233; communale, qui n'avait quasiment rendu que des cotes de trois ou quatre, s'est exclam&#233; : &#171; Vous &#234;tes courageux, les cyclistes, de faire du v&#233;lo dans cette ville, moi je n'oserais jamais, c'est beaucoup trop dangereux &#187;. Quoi qu'il en soit, &#224; en croire la grille d'&#233;valuation qu'il avait remplie, notre homme &#8212; dont le nom importe peu &#8212; &#233;tait pr&#234;t &#224; consid&#233;rer la situation des cyclistes deux fois meilleure qu'&#224; Gand ou Louvain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Loin d'&#234;tre isol&#233;e, cette anecdote est malheureusement embl&#233;matique d'un comportement que l'on rencontre sans cesse, d'une complaisance vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes qu'entretiennent de trop nombreux responsables publics de cette r&#233;gion &#8212; m&#234;me si on ne saurait bien s&#251;r g&#233;n&#233;raliser ce constat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne, on peut le nommer &#171; todibonisme &#187;. Du wallon &#171; C'est t&#244;di bon insi &#187; (C'est toujours bon comme &#231;a). Le &#171; todibonisme &#187;, c'est la loi du moindre effort, c'est une langueur contagieuse, un renoncement avant d'avoir commenc&#233;, le refus de principe de la recherche de l'excellence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le domaine de l'architecture et de l'urbanisme, ce &#171; todibonisme &#187; n'est sans doute pas pour rien dans le monopole que de grosses structures ont parfois tendance &#224; d&#233;tenir sur certains march&#233;s publics, dans la difficult&#233; des jeunes bureaux &#224; &#233;merger en Wallonie, dans la raret&#233; des proc&#233;dures de concours et de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale dans la faible qualit&#233; des proc&#233;dures de s&#233;lection des projets (la r&#233;mun&#233;ration des participants ou l'ind&#233;pendance des jurys restant du domaine de l'exception) ou dans la faiblesse r&#233;currente des budgets consacr&#233;s aux postes relevant de la cr&#233;ation. Il explique sans doute en partie que telle intercommunale qui doit construire l'annexe d'un h&#244;pital n&#233;glige compl&#232;tement l'enjeu architectural de cette construction pour privil&#233;gier, sans m&#234;me se poser la question, un style &#171; fermette n&#233;orurale &#187; qui est, il est vrai, favoris&#233; par une r&#233;glementation &#224; certains &#233;gards excessivement tatillonne. Il explique, par exemple, que l'enjeu majeur que constitue la r&#233;habilitation du site du Val Benoit, &#224; Li&#232;ge &#8212; l'un des principaux ensembles architecturaux des ann&#233;es 1930 en Wallonie &#8212; ne fasse pas l'objet de toute l'attention requise, ainsi que l'ont r&#233;cemment d&#233;nonc&#233; plusieurs architectes. Il explique peut-&#234;tre que la r&#233;gion ne se soit toujours pas dot&#233;e d'un Ma&#238;tre architecte ou de dispositifs comparables (&#233;ventuellement &#224; une &#233;chelle plus proche des villes que de la r&#233;gion).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aller &#224; l'encontre de cette tendance est une chose aussi difficile qu'indispensable. C'est une n&#233;cessit&#233; politique et &#233;conomique. C'est aussi une n&#233;cessit&#233; culturelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>De quel tram l'agglom&#233;ration li&#233;geoise a-t-elle besoin ?</title>
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		<dc:date>2010-11-29T02:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Tram</dc:subject>

		<description>Dans le d&#233;bat sur le tram li&#233;geois, peut-on encore d&#233;fendre des alternatives de fond &#8212; c'est-&#224;-dire un trac&#233; partiellement alternatif &#8212; au projet qui a fait l'objet d'une d&#233;cision gouvernementale ? Selon nous, c'est non seulement possible mais indispensable. Avant de venir &#224; l'expos&#233; circonstanci&#233; des raisons qui motivent ce point de vue, il me faut cependant pr&#233;ciser d'o&#249; je parle. L'association urbAgora, au nom de laquelle je m'exprime, est n&#233;e en 2007, &#224; la suite d'une p&#233;tition qui avait rassembl&#233; plus de (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/tram" rel="tag"&gt;Tram&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/mots-techniques/education-permanente" rel="tag"&gt;Education permanente&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton44-11579.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le d&#233;bat sur le tram li&#233;geois, peut-on encore d&#233;fendre des alternatives de fond &#8212; c'est-&#224;-dire un trac&#233; partiellement alternatif &#8212; au projet qui a fait l'objet d'une d&#233;cision gouvernementale ? Selon nous, c'est non seulement possible mais indispensable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant de venir &#224; l'expos&#233; circonstanci&#233; des raisons qui motivent ce point de vue, il me faut cependant pr&#233;ciser d'o&#249; je parle. L'association urbAgora |&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir le site http://urbagora.be/ pour une pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e et l'ensemble (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;|, au nom de laquelle je m'exprime, est n&#233;e en 2007, &#224; la suite d'une p&#233;tition qui avait rassembl&#233; plus de 5000 signataires pour demander que soit r&#233;orient&#233; vers la cr&#233;ation d'un tramway &#224; Li&#232;ge le budget alors pr&#233;vu pour la construction d'une autoroute &#8212; &#171; Cerexhe-Heuseux - Beaufays &#187; (CHB) &#8212; &#224; l'Est de la ville, laquelle est actuellement, selon l'expression consacr&#233;e, &#171; au frigo &#187;. Le petit groupe de militants urbains qui la constituaient a pris le nom d'urbAgora d&#233;but 2008 et une asbl a &#233;t&#233; fond&#233;e &#224; la fin de cette m&#234;me ann&#233;e. L'association r&#233;unit aujourd'hui environ 120 membres et leurs cotisations sont nos seules ressources financi&#232;res. Parmi eux, environ un quart sont des professionnels des questions urbaines. Ajoutons qu'urbAgora privil&#233;gie syst&#233;matiquement la transversalit&#233; sur le plan m&#233;thodologique : c'est par la rencontre de champs disciplinaires distincts que nous esp&#233;rons apporter une valeur ajout&#233;e dans le d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si le tram constitue encore notre principale pr&#233;occupation, urbAgora a diversifi&#233; ses activit&#233;s pour devenir une association g&#233;n&#233;raliste sur les questions de mobilit&#233; urbaine et d'urbanisme, d'architecture ou de logement, organisant r&#233;guli&#232;rement rencontres, visites ou conf&#233;rences, publiant des analyses, prenant des positions publiques sur certains dossiers, collaborant avec des groupes de citoyens dans diff&#233;rents quartiers. Refusant autant la posture du &#171; riverain &#187; (nous nous effor&#231;ons syst&#233;matiquement de rechercher l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral) que celle de l'&#171; expert &#187; (m&#234;me si nous avons d&#233;velopp&#233; une contre-expertise pointue dans certains domaines), urbAgora se veut d&#233;fenderesse du choix positif et d&#233;sir&#233; de la vie en ville, du droit &#224; la ville et de la qualit&#233; de vie dans les quartiers urbains. Enfin, urbAgora a contribu&#233;, ces derniers mois, au lancement d'une large plate-forme associative &#8212; tramliege.be &#8212; qui r&#233;unit aujourd'hui une trentaine d'organisations et vise &#224; stimuler le d&#233;bat public autour des enjeux du projet du tram |&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Ce projet, qui n'a pas de lien avec le processus officiel de consultation, a (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;|.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est donc au cours des trois ann&#233;es &#233;coul&#233;es que se sont progressivement construits les principes suivants, sur lesquels sont bas&#233;es nos r&#233;flexions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Travailler sur base d'un plan d'ensemble.&lt;/strong&gt; Que tout ne puisse pas &#234;tre r&#233;alis&#233; en un temps, chacun pourra le comprendre. Et, m&#234;me si nous estimons par ailleurs que l'investissement dans le transport public en Belgique est gravement insuffisant &#8212; une ville comme Strasbourg, de taille comparable &#224; Li&#232;ge, envisage actuellement la cr&#233;ation de sa sixi&#232;me ligne de tramway et d'une ligne de tram-train suppl&#233;mentaire, et ce n'est qu'un exemple &#8212;, nous avons toujours fait l'effort de raisonner &#224; budget donn&#233;, c'est-&#224;-dire de poser la question : &#171; Qu'est-ce qui est le plus urgent &#224; faire avec le budget disponible ? &#187;. Ce qui n'est par contre pas compr&#233;hensible, c'est que les investissements r&#233;alis&#233;s aujourd'hui le soient sans disposer d'un plan d'ensemble permettant de planifier le d&#233;veloppement futur du r&#233;seau. C'est pourtant ce qui se passe actuellement. Si une deuxi&#232;me ligne de tramway est (tr&#232;s vaguement) envisag&#233;e |&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Une &#233;tude dans ce sens est actuellement pilot&#233;e par le GRE, mais il ne semble (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;|, elle sera &#233;tudi&#233;e s&#233;par&#233;ment de la premi&#232;re. Loin de concevoir un r&#233;seau au sens fort du terme, on risque de se contenter de juxtaposer des infrastructures. C'est la raison pour laquelle nous avons publi&#233; une proposition de sch&#233;ma global |&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Cette proposition est &#233;galement disponible sous la forme d'un poster A2, qui (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;| (cf. illustration), qui vise principalement &#224; alimenter le d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Favoriser la constitution d'un r&#233;seau maill&#233;.&lt;/strong&gt; Une des grandes faiblesses du r&#233;seau de bus actuel, c'est son hyper-centralisation : tous les bus, ou presque, aboutissent au noeud central que constitue la place St Lambert et ses alentours. Le r&#233;seau actuellement ne compte pratiquement aucune ligne de rocade, ni aucune ligne traversante. Tout le monde est perdant dans cette situation : les usagers se d&#233;pla&#231;ant de p&#233;riph&#233;rie &#224; p&#233;riph&#233;rie, bien s&#251;r, qui doivent souvent repasser par le centre-ville ; mais aussi les usagers du centre, qui subissent son engorgement et le gaspillage d'espace que constitue la localisation de plusieurs gares de bus dans l'hypercentre. Nous plaidons donc pour que soit donn&#233;e au futur r&#233;seau, d&#232;s l'entame, une architecture &lt;i&gt;maill&#233;e&lt;/i&gt;, dont le principe favorisera l'&#233;mergence de &lt;i&gt;polarit&#233;s secondaires&lt;/i&gt; dans l'agglom&#233;ration (Guillemins, Ans, Herstal, Seraing, Bressoux,...), &#233;vitant le ph&#233;nom&#232;ne de concentration des flux en un point unique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Int&#233;grer, au moins potentiellement, le chemin de fer.&lt;/strong&gt; Que la SNCB soit particuli&#232;rement difficile &#224; influencer, cela semble une &#233;vidence. Et il y une part de v&#233;rit&#233; quand l'&#233;quipe du ministre affirme que s'il fallait &#171; attendre &#187; la SNCB, rien ne pourrait &#234;tre r&#233;alis&#233; avant la fin de la l&#233;gislature. Il est par contre inacceptable que le tram soit d&#233;lib&#233;r&#233;ment pens&#233; dans l'ignorance quasiment compl&#232;te des interactions possibles avec le chemin de fer &#8212; et a fortiori qu'il soit con&#231;u comme un &lt;i&gt;concurrent&lt;/i&gt; au chemin de fer, ce qui semble malheureusement &#234;tre le cas quand on voit la mani&#232;re dont le trac&#233; du fond de vall&#233;e a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;. Disons donc les choses clairement : le tram, qui plafonne &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres/heures de vitesse commerciale (ce qui sera d&#233;j&#224; une am&#233;lioration tr&#232;s appr&#233;ciable par rapport au r&#233;seau de bus), n'ira pas plus vite que le train pour relier, par exemple, Herstal &#224; la gare des Guillemins ou Seraing au centre-ville. Pour les longues distances, &#224; l'&#233;chelle de l'agglom&#233;ration, c'est le train qu'il faut d&#233;velopper &#8212; et &#231;a tombe bien : le contrat de gestion de la SNCB pr&#233;voit effectivement, en son article 10, que le d&#233;veloppement de r&#233;seaux suburbains doit &#234;tre &#233;tudi&#233; par la soci&#233;t&#233; de transport pour quatre grandes villes belges, dont Li&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tram doit en cons&#233;quence &#234;tre con&#231;u, d&#232;s &#224; pr&#233;sent, comme &lt;i&gt;compl&#233;mentaire&lt;/i&gt; au chemin de fer, non seulement en multipliant les points de connexion entre les deux r&#233;seaux et en desservant les parties de la ville que le chemin de fer n'atteint pas, mais aussi en proposant &lt;i&gt;un service diff&#233;rent&lt;/i&gt;, notamment en passant au coeur des quartiers, dans les lieux de vie, &#224; proximit&#233; des &#233;coles, des lieux de commerce, des concentrations de bureau, des infrastructures hospitali&#232;res... Dans le quartier Saint-L&#233;onard, par exemple, il n'est pas acceptable &#224; nos yeux que le tram ne passe que sur les quais &#8212; et donc d&#233;grade in&#233;vitablement, par ricochet, la desserte en transports en commun de ce quartier de plus de 10.000 habitants &#8212;, alors qu'il serait possible d'aller jusqu'&#224; la place Vivegnis, o&#249; une correspondance avec le train pourrait &#234;tre ouverte |&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Ainsi qu'un t&#233;l&#233;ph&#233;rique menant &#224; la Citadelle, projet qui est tout sauf (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;| et de desservir les principales polarit&#233;s du quartier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ajoutons que la R&#233;gion wallonne dispose d'un outil puissant pour acc&#233;l&#233;rer certaines &#233;volutions : le pr&#233;-financement r&#233;gional des infrastructures ferroviaires lui permet en effet de porter partiellement sa politique de mobilit&#233; sur le rail, ce que la R&#233;gion flamande ne se prive d'ailleurs pas de faire. En Wallonie, faute de strat&#233;gie d'investissement en mati&#232;re ferroviaire &#8212; un d&#233;ficit reconnu par tous les sp&#233;cialistes de la question &#8212;, le gouvernement a malheureusement tendance &#224; porter son d&#233;volu sur des projets aussi anecdotiques que somptuaires plut&#244;t que sur l'am&#233;lioration r&#233;fl&#233;chie du r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout faire pour que le projet continue.&lt;/strong&gt; Vu l'ampleur des besoins, on pourrait r&#233;sumer l'enjeu de la premi&#232;re phase en disant qu'il s'agit de faire en sorte qu'une deuxi&#232;me phase &#8212; puis une troisi&#232;me &#8212; puissent &#234;tre r&#233;alis&#233;es. Il y aura pour cela un crit&#232;re unique, primant sur tout le reste : le nombre de passagers. Que le tram soit rempli du matin au soir et tout le monde s'accordera sur la n&#233;cessit&#233; de poursuivre le d&#233;veloppement du r&#233;seau. Qu'il soit au contraire &#224; moiti&#233; vide une bonne partie du temps et les critiques fuseront sur la pertinence de poursuivre le d&#233;veloppement du r&#233;seau. Or on sait que, dans le projet actuel, les tron&#231;ons situ&#233;s au-del&#224; de Sclessin et, plus encore, de Coronmeuse, ne justifient pas, par le nombre de voyageurs qui se d&#233;placent sur ces tron&#231;ons, le d&#233;ploiement du tram : le risque est bien r&#233;el de voir y circuler des rames &#224; moiti&#233; vides. Nous pensons n&#233;anmoins que la poursuite du r&#233;seau vers Seraing et Herstal est souhaitable, &#224; moyen terme, notamment pour favoriser la r&#233;-urbanisation qualitative des nombreuses friches qui s'y trouvent. Mais cette fonction &lt;i&gt;urbanisante&lt;/i&gt; du tram ne pourra lui &#234;tre confi&#233;e que lorsque son utilit&#233; premi&#232;re ne fera plus discussion, c'est-&#224;-dire dans les phases ult&#233;rieures. A contrario, des quartiers plus centraux, comme le Longdoz, Outremeuse, Bressoux ou Sainte-Marguerite connaissent d&#232;s &#224; pr&#233;sent une demande de transports publics importante, qui permet de pr&#233;dire avec une quasi-certitude que les trams qu'on y ferait rouler seraient remplis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tre attentif &#224; la coh&#233;rence sociale et territoriale de la ville.&lt;/strong&gt; Il suffit d'observer le march&#233; immobilier pour constater que le risque de rel&#233;gation de la rive droite a d&#233;pass&#233; depuis longtemps le stade de la virtualit&#233; : la paup&#233;risation y est visible. Cette tendance doit &#234;tre contrecarr&#233;e. L'enjeu est d'autant plus important que, dans le fond de vall&#233;e, les quartiers de la rive droite sont plus peupl&#233;s que ceux de la rive gauche (qui concentrent n&#233;anmoins un plus grand nombre de fonctions collectives). Bref : le tram doit franchir la Meuse. Ne pas le faire serait envoyer un signal d&#233;sastreux &#224; la rive droite. Peu ou prou, le m&#234;me d&#233;bat se pose d'ailleurs &#224; Seraing, o&#249; le trac&#233; en rive gauche semble ignorer royalement la gigantesque op&#233;ration de reconversion des terrains industriels de la sid&#233;rurgie, actuellement en cours sur 800 hectares de la rive droite o&#249; se trouve par ailleurs la grande majorit&#233; des habitants de Seraing.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces diff&#233;rents principes, nous les traduisons dans une proposition simple, dont nous affirmons qu'elle doit constituer, avec une ligne de fond de vall&#233;e raccourcie &#224; son secteur central (par exemple entre Ougr&#233;e et la gare d'Herstal), la priorit&#233; dans le d&#233;veloppement du r&#233;seau : la &lt;i&gt;boucle centrale&lt;/i&gt;, empruntant approximativement le trac&#233; de l'actuelle ligne 4 (la plus fr&#233;quent&#233;e de Wallonie, soit dit en passant), traversant le Pont des Arches, Outremeuse, le Longdoz et les Vennes pour rejoindre les Guillemins via le Pont de Fragn&#233;e. Cette boucle constituera selon notre sch&#233;ma l'ossature de base sur laquelle pourront ensuite venir se greffer les futures lignes de tram venant de diff&#233;rents points de l'agglom&#233;ration. En permettant &#224; toutes les futures lignes du r&#233;seau de passer &#224; la fois par les Guillemins et par la place St Lambert &#8212; mais aussi par de nombreux autres points centraux &#8212;, cette boucle limitera les ruptures de charge (les &#171; correspondances &#187;) tellement nuisibles &#224; l'attractivit&#233; d'un r&#233;seau. En r&#233;alisant en une seule phase presque tous les travaux localis&#233;s au centre-ville, elle permettra aussi d'&#233;viter que celui-ci ne soit remis en chantier tous les cinq ou dix ans, au rythme des nouvelles phases de d&#233;veloppement du r&#233;seau. Ce faisant, elle permettra aussi de modifier assez profond&#233;ment le visage du centre-ville dans un temps court, et donc de justifier de modifications substantielles des &#233;quilibres urbains actuels &#8212; en faveur du v&#233;lo par exemple, ou pour regagner de l'espace public sur l'espace actuellement d&#233;volu &#224; la voiture qui deviendront acceptables par l'am&#233;lioration substantielle de la desserte du centre qu'offrira le tram &#8212; c'est ce que nous appelons l'hypoth&#232;se du &#171; big bang &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est in&#233;vitable que ce projet, plus resserr&#233; sur la zone urbaine, soul&#232;ve des critiques &#8212; plus ou moins bien intentionn&#233;es &#8212; venant de la p&#233;riph&#233;rie. Nous leur r&#233;pondrons de la fa&#231;on suivante. Si la R&#233;gion wallonne faisait &#8212; en s'appuyant sur le contrat de gestion de la SNCB &#8212; une priorit&#233; du d&#233;veloppement d'un r&#233;seau de type RER (on parle souvent de &#171; REL &#187;, pour &#171; r&#233;seau express li&#233;geois &#187;) autour de Li&#232;ge, ce ne seraient pas deux ou trois communes, outre Li&#232;ge-Ville, qui seraient concern&#233;es par le grand projet de transport en commun li&#233;geois, mais une douzaine au bas mot. Aussi et surtout, s'il s'av&#232;re &#8212; comme nous en sommes convaincus &#8212; que la r&#233;alisation d'une ligne de fond de vall&#233;e hypoth&#233;querait, par sa trop faible affluence, la poursuite du projet, quiconque est dispos&#233; &#224; faire preuve d'un minimum de rigueur dans la recherche de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral s'accordera &#224; dire que celui-ci recommande de commencer l&#224; o&#249; la demande est la plus forte. Parce que cela permettra, demain, de disposer d'un vaste r&#233;seau &#224; l'&#233;chelle de toute l'agglom&#233;ration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;| Voir le site &lt;a href=&quot;http://urbagora.be/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://urbagora.be/&lt;/a&gt; pour une pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e et l'ensemble de nos publications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;| Ce projet, qui n'a pas de lien avec le processus officiel de consultation, a n&#233;anmoins re&#231;u le soutien du ministre de la mobilit&#233;. On trouvera le programme des activit&#233;s sur le site &lt;a href=&quot;http://tramliege.be/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://tramliege.be/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;| Une &#233;tude dans ce sens est actuellement pilot&#233;e par le GRE, mais il ne semble pas qu'aucune perspective budg&#233;taire concr&#232;te ne permette d'envisager sa r&#233;alisation dans un horizon pr&#233;visible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;| Cette proposition est &#233;galement disponible sous la forme d'un poster A2, qui peut &#234;tre command&#233; aupr&#232;s de l'association : secretariat@urbagora.be.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;| Ainsi qu'un t&#233;l&#233;ph&#233;rique menant &#224; la Citadelle, projet qui est tout sauf farfelu. Cf. &lt;a href=&quot;http://telepherique.be/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://telepherique.be/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; initialement publi&#233; dans &#171; Sous la robe &#187;, publication du Jeune barreau de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>

<item xml:lang="fr">
		<title>Tram de Li&#232;ge : un &#233;tat des lieux du projet</title>
		<link>http://lechainonmanquant.be/en-ville/tram-de-liege-un-etat-des-lieux-du.html</link>
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		<dc:date>2010-11-29T02:20:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Tram</dc:subject>

		<description>Si le d&#233;bat li&#233;geois sur le transport public, jalonn&#233; qu'il est de rendez-vous manqu&#233;s et d'utopies avort&#233;es (le TAU et les autres...), est sans doute aussi ancien que la mise au rebut des vieux tramways, dans les ann&#233;es '60, la formation d'un consensus politique en faveur de l'implantation du nouveau tram a &#233;t&#233; tr&#232;s rapide &#224; se former. En quelques mois &#224; peine, &#224; la fin de l'ann&#233;e 2007 et au d&#233;but de l'ann&#233;e suivante, la plupart des responsables politiques de premier plan de l'agglom&#233;ration, jusque l&#224; plut&#244;t (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/tram" rel="tag"&gt;Tram&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/mots-techniques/education-permanente" rel="tag"&gt;Education permanente&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton43-0e5d7.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si le d&#233;bat li&#233;geois sur le transport public, jalonn&#233; qu'il est de rendez-vous manqu&#233;s et d'utopies avort&#233;es (le TAU et les autres...), est sans doute aussi ancien que la mise au rebut des vieux tramways, dans les ann&#233;es '60, la formation d'un consensus politique en faveur de l'implantation du nouveau tram a &#233;t&#233; tr&#232;s rapide &#224; se former. En quelques mois &#224; peine, &#224; la fin de l'ann&#233;e 2007 et au d&#233;but de l'ann&#233;e suivante, la plupart des responsables politiques de premier plan de l'agglom&#233;ration, jusque l&#224; plut&#244;t prudents dans ce domaine, ont exprim&#233;, les uns apr&#232;s les autres, un point de vue unanimement favorable &#224; la mise en route de ce projet de tr&#232;s longue haleine et de toute premi&#232;re ampleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que, depuis quelques ann&#233;es, le r&#233;seau li&#233;geois des TEC &#8212; qui est d&#233;j&#224;, et de tr&#232;s loin, le plus fr&#233;quent&#233; de Wallonie &#8212; connait une croissance annuelle de sa fr&#233;quentation qui, &#224; technologie inchang&#233;e, rendra la situation ing&#233;rable d'ici tr&#232;s peu de temps &#8212; elle l'est d&#233;j&#224;, en fait, sur plusieurs tron&#231;ons du r&#233;seau. Et parmi la panoplie disponible des moyens de transport en commun susceptibles d'accro&#238;tre la capacit&#233; du r&#233;seau, le tram s'av&#232;re, aux yeux de la majorit&#233; des sp&#233;cialistes, &#234;tre le mieux adapt&#233; aux contraintes particuli&#232;res de l'agglom&#233;ration li&#233;geoise. Le m&#233;tro, en effet, n'est pas pertinent pour une aire urbaine &#224; la densit&#233; aussi faible. Le train devrait pouvoir jouer un r&#244;le, mais il ne dessert pas tous les quartiers, ne permet pas, partout, des fr&#233;quences suffisantes et, surtout, d'insondables probl&#232;mes technico-administratif se posent d&#232;s lors qu'il faut faire collaborer entre elles SNCB et SRWT, entit&#233;s respectivement f&#233;d&#233;rale et r&#233;gionale. Le bateau, souvent &#233;voqu&#233; et port&#233; par un flot de sympathie, pr&#233;sente, semble-t-il, un co&#251;t par passager d&#233;mesur&#233; |&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. &#171; Navibus, ne pas se laisser mener en bateau &#187;, communiqu&#233; d'urbAgora, 30 (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;|.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le tram est aussi le plus &#171; urbain &#187; des moyens de transports lourds, celui qui donne le plus de confort aux usagers &#8212; acc&#232;s de plein-pied |&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Donc ais&#233; pour les personnes se d&#233;pla&#231;ant en chaise roulante, poussant un (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;|, fluidit&#233; du d&#233;placement, larges baies vitr&#233;es paysag&#232;res,.... &#8212;, et, par le fait qu'il se trouve au ras de terre, en pleine ville, celui qui oblige &#224; poser des arbitrages dans l'occupation de l'espace au sol et permet donc de r&#233;nover en profondeur les quartiers qu'il traverse, d'am&#233;liorer la qualit&#233; urbanistique des espaces publics |&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Cf. &#171; Tram de Li&#232;ge : il faut organiser un concours d'architecture... &#187;, (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;|, de stimuler le commerce de proximit&#233;, de d&#233;gager de la place au b&#233;n&#233;fice des modes de d&#233;placement doux, bref : de retrouver un &#233;quilibre entre les fonctions urbaines qui, dans bien des endroits, avait &#233;t&#233; perdu. C'est en tout cas la carte de visite que lui ont donn&#233;e les nombreuses op&#233;rations d'implantation de r&#233;seaux de tram men&#233;es dans des dizaines de villes fran&#231;aises depuis environ 25 ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici donc, non sans raisons, le tram pl&#233;biscit&#233;. &#192; partir de ce moment, apr&#232;s des ann&#233;es d'immobilit&#233;, les choses vont soudain s'emballer |&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Un historique d&#233;taill&#233; est pr&#233;sent&#233; sur la page http://tramliege.be/petite-chronolo.' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;|. D&#232;s l'&#233;t&#233; 2008, le gouvernement wallon, par la voix de son ministre de la mobilit&#233;, M. Andr&#233; Antoine, annonce une premi&#232;re d&#233;cision de principe en faveur du tram, confirm&#233;e quelques mois plus tard. &#192; l'approche des &#233;lections r&#233;gionales de juin 2009, des chiffres sont vite annonc&#233;s, qui s'entrechoquent, se contredisent, se stabilisent finalement sur la somme &#8212; arbitraire, mais d&#233;sormais consacr&#233;e par plusieurs d&#233;cisions gouvernementales et, plus tard, l'accord de majorit&#233; du nouveau gouvernement &#8212; de 500 millions d'euros ; et sur une ligne de fond de vall&#233;e, entre Jemeppe (Seraing) et Basse-Campagne (Herstal) qui est annonc&#233;e sans qu'aucune &#233;tude sur le trac&#233; n'ait &#233;t&#233; finalis&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est qu'entre-temps a &#233;t&#233; entam&#233; un &#171; Plan urbain de mobilit&#233; &#187; (PUM), vaste &#233;tude mettant en relation les enjeux de mobilit&#233; avec une analyse prospective et normative portant sur l'am&#233;nagement du territoire. Pour la premi&#232;re fois, &#224; Li&#232;ge, on aura &#233;tudi&#233; de fa&#231;on approfondie et syst&#233;matique, les questions de mobilit&#233; en lien avec un travail sur le territoire. De l'avis de tous les observateurs de ces mati&#232;res, le PUM est &#224; cet &#233;gard une avanc&#233;e. Dans l'opposition, d&#233;but 2009, le parti Ecolo clame l'inanit&#233; qu'il y a &#224; prendre des d&#233;cisions sur le tram sans que les travaux du PUM aient &#233;t&#233; finalis&#233;s et publi&#233;s. Tant les chercheurs du PUM que le parti vert d&#233;fendent &#224; l'&#233;poque une vision radicalement diff&#233;rente de la ligne de fond de vall&#233;e qui a fait l'objet d'une d&#233;cision politique. Pour les auteurs du PUM comme pour les mandataires d'Ecolo &#8212; et puis aussi pour la jeune association urbAgora, au nom de laquelle s'exprime l'auteur &#8212; la premi&#232;re phase du projet doit amorcer un r&#233;seau et cibler les quartiers centraux, les plus urbains, les plus peupl&#233;s, ceux o&#249; la demande de mobilit&#233; en commun est la plus forte, ceux o&#249; les bus d&#233;bordent. Face &#224; ces points de vue, c'est l'argument du pragmatisme politique qui emporte le morceau : si l'on veut que le tram se fasse, explique-t-on alors, il faut qu'il satisfasse aux int&#233;r&#234;ts des principaux &#171; barons &#187; &#8212; et donc qu'il traverse les communes de Seraing et de Herstal. M. Willy Demeyer, qui est en train d'asseoir son leadership m&#233;tropolitain, ne l'envisage pas autrement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Presque deux ans plus tard, les choses ont &#224; peine chang&#233; : la d&#233;cision prise dans l'urgence de la campagne &#233;lectorale de 2009 a &#233;t&#233; sanctuaris&#233;e par un accord de gouvernement duquel les Verts sont d&#233;sormais partie prenante. Le PUM n'a toujours pas &#233;t&#233; publi&#233;. Et en d&#233;pit de l'abondante litt&#233;rature produite sur le sujet par son parti avant les &#233;lections et m&#234;me si ses conseillers n'auront de cesse de r&#233;p&#233;ter que le pr&#233;c&#233;dent gouvernement s'&#233;tait content&#233; d'une promesse de principe, sans commencer la mise en oeuvre du projet, le nouveau ministre, M. Philippe Henry a fait le choix de ne pas toucher au trac&#233; &#233;tabli par son pr&#233;d&#233;cesseur. Il se contentera d'ajouter trois axes de &#171; Bus &#224; haut niveau de service &#187; (BHNS) venant compl&#233;ter l'axe de fond de vall&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r, dans un contexte budg&#233;taire devenu entre-temps nettement plus difficile qu'au moment de la d&#233;cision de principe de 2008, le maintien du projet doit &#234;tre soulign&#233; et salu&#233;. Mais il faut dans le m&#234;me temps rappeler que son financement demeure, en l'&#233;tat actuel des choses, compl&#232;tement virtuel, reposant sur un hypoth&#233;tique &#171; partenariat public-priv&#233; &#187; (PPP) dont le &#171; partenaire &#187; n'a pas encore &#233;t&#233; trouv&#233; et dont il para&#238;t surtout tr&#232;s incertain qu'il constitue une solution raisonnable, dans la mesure o&#249; l'endettement de fait auquel il s'apparente sera contract&#233; &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur &#224; celui que pourrait proposer un organisme tel que la Banque europ&#233;enne d'investissement (BEI). Mais voil&#224; : la R&#233;gion wallonne est endett&#233;e, trop endett&#233;e aux yeux des trait&#233;s europ&#233;ens, et le PPP, moyennant certaines conditions, n'est pas imput&#233; au budget r&#233;gional autrement que comme une d&#233;pense annuelle. La formule du PPP offre de surcro&#238;t &#224; la puissance publique de ne commencer &#224; payer qu'au moment de la mise en service du tram, probablement en 2017 &#8212; ballon d'oxyg&#232;ne inesp&#233;r&#233;, m&#234;me si, bien &#233;videmment, &#171; on &#187; le paiera par la suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est que 2017 constitue d&#233;sormais une &#233;ch&#233;ance &#233;rig&#233;e au rang d'imp&#233;ratif. C'est en effet l'ann&#233;e au cours de laquelle Li&#232;ge pourrait &#8212; &#233;ventuellement &#8212; accueillir une exposition internationale sur son territoire &#8212; le site de Coronmeuse a d'ores et d&#233;j&#224; &#233;t&#233; retenu. En sorte que la maxime s'en impose d&#233;sormais, activement relay&#233;e par tout le corps politique li&#233;geois : le tram doit absolument relier les Guillemins &#224; Coronmeuse en 2017 &#8212; &#224; quoi l'on ajoute Sclessin en 2018, o&#249; pourraient &#8212; de mani&#232;re non moins &#233;ventuelle &#8212; se tenir quelques rencontres de la coupe du monde de football.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; nos yeux, au risque de g&#226;cher la f&#234;te, trop de conditions sont aujourd'hui r&#233;unies pour que le projet de tram soit b&#226;cl&#233; &#8212; ce qui serait proprement d&#233;sastreux pour une r&#233;gion li&#233;geoise qui a d&#233;j&#224; laiss&#233; passer trop d'opportunit&#233;s au cours des derni&#232;res d&#233;cennies et qui ne peut se permettre de gaspiller 500 millions d'euros dans un projet mal ficel&#233;. Et si nous avons le souci que les visiteurs de la ville en repartent, en 2017 ou n'importe quand, avec une bonne image, nous ne pouvons admettre qu'un projet public aussi important voie, le cas &#233;ch&#233;ant, jusqu'&#224; son trac&#233; dict&#233; par l'organisation d'un &#233;v&#233;nement ponctuel, aussi grandiose soit-il. Heureusement, le ministre proc&#232;de actuellement &#224; des consultations &#8212; c'est donc dans une optique extr&#234;mement constructive qu'il faut que chacun puisse formuler une opinion sur le sujet. Nous esp&#233;rons sinc&#232;rement qu'elles seront prises en compte par les responsables du dossier et donneront lieu &#224; de r&#233;els d&#233;bats, &#233;clair&#233;s, argument&#233;s, publics, comme il s'en tient trop peu sur ces mati&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;| Cf. &#171; Navibus, ne pas se laisser mener en bateau &#187;, communiqu&#233; d'urbAgora, 30 d&#233;cembre 2008. Disponible &#224; l'adresse : &lt;a href=&quot;http://urbagora.be/navibus-ne-pas-se-laisser-mener-en.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://urbagora.be/navibus-ne-pas-s...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;| Donc ais&#233; pour les personnes se d&#233;pla&#231;ant en chaise roulante, poussant un landeau ou simplement lourdement charg&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;| Cf. &#171; Tram de Li&#232;ge : il faut organiser un concours d'architecture... &#187;, communiqu&#233; d'urbAgora, 22 octobre 2010. Disponible &#224; l'adresse &lt;a href=&quot;http://urbagora.be/tram-de-liege-il-faut-organiser-un.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://urbagora.be/tram-de-liege-il...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;|&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;| Un historique d&#233;taill&#233; est pr&#233;sent&#233; sur la page &lt;a href=&quot;http://tramliege.be/petite-chronologie-du-dossier-du.html&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://tramliege.be/petite-chronolo...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; initialement publi&#233; dans &#171; Sous la robe &#187;, publication du Jeune barreau de Li&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>

<item xml:lang="fr">
		<title>Le tram-train est-il une solution adapt&#233;e &#224; Li&#232;ge ?</title>
		<link>http://lechainonmanquant.be/en-ville/le-tram-train-est-il-une-solution.html</link>
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		<dc:date>2010-11-26T12:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Schreuer*Fran&#231;ois</dc:creator>


		<dc:subject>Tram</dc:subject>
		<dc:subject>Transport en commun</dc:subject>
		<dc:subject>REL</dc:subject>

		<description>Certaines voix, dans le grand d&#233;bat sur le transport public &#224; Li&#232;ge, ont &#233;voqu&#233; l'hypoth&#232;se de r&#233;aliser un &#171; tram-train &#187; plut&#244;t qu'un tram classique. Nous examinons ici la mesure dans laquelle cette solution technique pourrait r&#233;pondre aux besoins particuliers de l'agglom&#233;ration li&#233;geoise. Parmi la vaste panoplie des modes de transport public urbain aujourd'hui propos&#233;s par les fabricants, le tram-train n'est certainement pas le moins int&#233;ressant. V&#233;hicule d&#233;riv&#233; du tramway, capable de circuler (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/transport-en-commun" rel="tag"&gt;Transport en commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/mots-techniques/education-permanente" rel="tag"&gt;Education permanente&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/rel" rel="tag"&gt;REL&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton55-3c2ac.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Certaines voix, dans le grand d&#233;bat sur le transport public &#224; Li&#232;ge, ont &#233;voqu&#233; l'hypoth&#232;se de r&#233;aliser un &#171; tram-train &#187; plut&#244;t qu'un tram classique. Nous examinons ici la mesure dans laquelle cette solution technique pourrait r&#233;pondre aux besoins particuliers de l'agglom&#233;ration li&#233;geoise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi la vaste panoplie des modes de transport public urbain aujourd'hui propos&#233;s par les fabricants, le &lt;i&gt;tram-train&lt;/i&gt; n'est certainement pas le moins int&#233;ressant. V&#233;hicule d&#233;riv&#233; du tramway, capable de circuler indiff&#233;remment sur des voies de tramway classique et sur des voies de chemin de fer, il constitue un remarquable outil permettant d'interconnecter les r&#233;seaux entre eux, de faire entrer des lignes suburbaines au coeur d'un centre-ville &#8212; et donc de r&#233;duire les ruptures de charge dont on sait &#224; quel point elle sont p&#233;nalisantes dans l'attractivit&#233; d'un r&#233;seau de transport public &#8212;, d'&#233;viter de dupliquer des infrastructures l&#224; o&#249; &#231;a ne se justifie pas pour d'autres raisons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le plan technique, les contraintes inh&#233;rentes &#224; ce mode de transport hybride sont relativement limit&#233;es. Il faut bien s&#251;r pr&#233;voir une interconnexion physique entre la voie de chemin de fer et le r&#233;seau urbain. Quant au mat&#233;riel roulant, il peut indiff&#233;remment s'alimenter aux diff&#233;rentes tensions et est &#233;quip&#233; des syst&#232;mes le rendant compatible avec la signalisation ferroviaire tout en r&#233;pondant aux normes de s&#233;curit&#233; propres au trafic urbain (en ayant notamment une distance de freinage plus courte).&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_78 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/karlsruhe.jpg&quot; title='JPEG - 767.5 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L320xH240/karlsruhe-460d1-96988.jpg' width='320' height='240' alt='JPEG - 767.5 ko' style='height:240px;width:320px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-78 spip_doc_descriptif' style='width:320px; texte-align:justify;'&gt;Tram-train de Karlsruhe.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;C'est la ville de Karsruhe, dans le Bade-Wurtemberg, qui a jou&#233; le r&#244;le de pionni&#232;re de ce mode de transport, en inaugurant en 1992 l'embryon de ce qui allait devenir, au fil des ann&#233;es, un r&#233;seau tr&#232;s important, totalisant aujourd'hui pr&#232;s de 400 km de lignes et dont le succ&#232;s est tel qu'une mise en tunnel du tron&#231;on central a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e. Un des &#233;l&#233;ments expliquant ce succ&#232;s est l'int&#233;gration tarifaire qui a &#233;t&#233; mise en place et qui permet, avec le m&#234;me titre de transport, d'emprunter tous les moyens de transports publics.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut ajouter que, depuis 1992, le mat&#233;riel disponible a fortement progress&#233;, notamment avec l'apparition de v&#233;hicules &#224; plancher int&#233;gralement surbaiss&#233;, gage d'accessibilit&#233; &#224; tous les usagers et de fluidit&#233; lors des arr&#234;ts.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_79 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/saarbrucken.jpg&quot; title='JPEG - 1.3 Mo' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L300xH215/saarbrucken-66c74-30b2a.jpg' width='300' height='215' alt='JPEG - 1.3 Mo' style='height:215px;width:300px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-79 spip_doc_descriptif' style='width:300px; texte-align:justify;'&gt;Saarbr&#252;cken, le premier tram-train &#224; plancher bas. Source : &lt;a href=&quot;http://www.bombardier.com/wps/portal/fr/transport/produits-et-services?docID=0901260d8000f0aa&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;Bombardier&lt;/a&gt;.
&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un d&#233;bat organis&#233; ce mercredi 24 novembre par la plate-forme Tramliege.be concernant la compl&#233;mentarit&#233; entre le tram et le chemin de fer, M. Luc Lebrun, ancien directeur au SPF Mobilit&#233;, a &#233;voqu&#233; ces arguments pour plaider en faveur d'un r&#233;seau de tram-train &#224; Li&#232;ge, proposant notamment de d&#233;ployer une ligne vers le Sart-Tilman via Colonster et de connecter la ligne 40 au centre-ville depuis Bressoux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si cet argumentaire ne manque pas d'int&#233;r&#234;t et alimente utilement la discussion, certaines r&#233;serves nous semblent n&#233;anmoins devoir &#234;tre &#233;mises concernant, en g&#233;n&#233;ral, la pertinence de d&#233;ployer un r&#233;seau de tram-train dans l'agglom&#233;ration li&#233;geoise et, en particulier, la proposition de M. Lebrun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En effet, si la valorisation, pour la desserte urbaine, des importantes capacit&#233;s ferroviaires disponibles dans l'agglom&#233;ration semble une &#233;vidence &#224; bon nombre d'observateurs et n'est d'ailleurs pas loin de faire consensus parmi les acteurs politiques et associatifs li&#233;geois, cela n'implique pas n&#233;cessairement qu'il soit pertinent de fusionner le r&#233;seau urbain et le r&#233;seau suburbain, qui r&#233;pondent &#224; des besoins tr&#232;s diff&#233;rents, ne serait-ce qu'en termes d'intensit&#233; de la demande, tr&#232;s nettement plus cons&#233;quente en zone urbaine. La plupart des arguments que l'on avance en faveur du tram-train (valorisation de l'infrastructure existante, adaptation du mat&#233;riel &#224; une exploitation en zone urbaine, adh&#233;sion au projet des communes p&#233;riph&#233;riques,...) seront en effet &#233;galement rencontr&#233;s par un r&#233;seau de train l&#233;ger. L'asbl urbAgora utilise d'ailleurs certains de ces m&#234;mes arguments depuis un certain temps d&#233;j&#224; en faveur du &#171; REL &#187;, lequel, en tout &#233;tat de cause, est nettement plus simple &#224; mettre en oeuvre pour de nombreuses raisons (et notamment concernant les obstacles bureaucratiques &#224; une telle id&#233;e, qui sont malheureusement une r&#233;alit&#233;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De mani&#232;re plus pr&#233;cise, il appara&#238;t que le tram-train ne me semble pas &#224; m&#234;me de garantir un acc&#232;s de plein-pied &#224; tous les arr&#234;ts, sauf &#224; normaliser la hauteur de tous les quais SNCB &#224; 75 cm (ce qui est sans doute souhaitable, ind&#233;pendamment de la question du tram-train) et &#224; construire des quais de m&#234;me hauteur en milieu urbain (ce qui est par contre gravement r&#233;dhibitoire sur le plan urbanistique). Ce probl&#232;me est sans doute insoluble d&#232;s lors qu'on sait que les quais de la gare des Guillemins sont hauts de 75 cm. Or, en toute hypoth&#232;se, il semble difficile de concevoir un r&#233;seau de tram-train ne s'arr&#234;tant pas aux Guillemins. Quant &#224; renoncer &#224; l'acc&#232;s de plein-pied sur un nouveau syst&#232;me de transport en commun, on peut &#233;crire que ce serait dramatique, notamment en ce qui concerne la question de l'accessibilit&#233; aux personnes handicap&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant la travers&#233;e du centre-ville, M. Lebrun &#233;voque un service qui passerait partiellement par le centre et partiellement par Jonfosse. Le risque, ici, est de dupliquer les services avec des cons&#233;quences d&#233;sagr&#233;ables pour l'usager. C'est en particulier vrai si les m&#234;mes destinations sont desservies par des v&#233;hicules passant, pour les uns &#224; Jonfosse et pour les autres &#224; Avroy : il y a l&#224; de quoi faire perdre beaucoup de temps &#224; beaucoup de monde. Si, lorsqu'on se trouve rue Saint-Gilles et qu'on va &#224; Seraing, il faut consulter l'horaire pour savoir si c'est vers Jonfosse ou vers Avroy qu'on doit se diriger, le syst&#232;me perd beaucoup en transparence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, le r&#233;seau suburbain (qu'il soit exploit&#233; en train l&#233;ger ou en tram-train) permettra certes de gagner le centre-ville depuis la p&#233;riph&#233;rie et inversement. Il devra cependant aussi permettre de passer directement de p&#233;riph&#233;rie &#224; p&#233;riph&#233;rie, gr&#226;ce &#224; des lignes traversantes. De ce point de vue, le passage en &#171; mode tram &#187; au centre-ville constitue une importante perte de temps par rapport &#224; la vitesse ferroviaire et est susceptible de grever s&#233;rieusement les performances d'une liaison Seraing-Herstal, par exemple. Ce serait d'autant plus regrettable que nous plaidons par ailleurs pour une diff&#233;renciation des deux r&#233;seaux, afin de tirer le meilleur parti de leurs potentialit&#233;s respectives, en expliquant qu'il n'est pas pertinent de rechercher la vitesse &#224; tout prix pour le tram l&#224; o&#249; le m&#234;me service sera offert, de meilleure fa&#231;on, par le train.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin et surtout, les opportunit&#233;s envisag&#233;es pour d&#233;ployer le tram-train ne semblent pas extr&#234;mement convaincantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;a) L'utilisation du tram-train pour relier la ligne 40 au centre-ville depuis Bressoux pose deux probl&#232;mes. D'une part, la desserte des quartiers situ&#233;s le long de cette ligne, au Sud de Bressoux, est un enjeu essentiel (avec, en particulier, le point d'&#233;change de Cornillon qui est strat&#233;gique pour la desserte de l'axe de la national 3 et donc des communes de Beyne-Heusay, Fl&#233;ron ou Soumagne). D'autre part, l'acc&#232;s &#224; la gare des Guillemins est probablement aujourd'hui au moins aussi important, pour les usagers du transport en commun, que l'acc&#232;s au centre-ville : c'est l&#224; que vont tous les navetteurs. Il y aurait quelque chose de tr&#232;s frustrant pour eux &#224; rouvrir les arr&#234;ts de la ligne 40 en aval de Bressoux (Jupille, Wandre, Cheratte-Bas, Argenteau, Vis&#233;) sans permettre son utilisation en lien rapide avec les Guillemins. Il existe &#224; cette difficult&#233; une alternative qui est la construction d'un nouveau pont ferroviaire en aval de Li&#232;ge, entre Bressoux et Coronmeuse, qui permet d'autres utilisations, notamment inter-urbaines ou fret. Cette alternative, apparemment fort lourde, ne serait pas n&#233;cessairement plus complexe &#224; r&#233;aliser que la branche de tram-train : outre que ce projet d&#233;pendrait de la seule SNCB et non d'un accord entre SNCB et SRWT, il ne serait pas n&#233;cessairement plus co&#251;teux que la ligne reliant Bressoux au centre-ville. Au niveau du train l&#233;ger, ce pont, en permettant &#233;ventuellement le croisement d'une ligne de train-l&#233;ger venant de Tongres ou Liers et se dirigeant vers les Guillemins via Bressoux, et une autre reliant Vis&#233; aux Guillemins via Li&#232;ge-Palais, garantirait depuis Vis&#233; et Maastricht, l'acc&#232;s ais&#233; tant au centre qu'aux Guillemins, en offrant de surcro&#238;t des correspondances particuli&#232;rement int&#233;ressantes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;b) Concernant le Sart-Tilman, sans rejeter d'embl&#233;e l'hypoth&#232;se d'un grand contournement par Colonster, m&#234;me si celle-ci devrait &#234;tre particuli&#232;rement performante vu la distance &#224; parcourir, il faut rappeler que le probl&#232;me du Sart-Tilman est au moins autant un enjeu d'urbanisme qu'une question relevant de la technique du transport. Actuellement, m&#234;me si la pointe du matin y est effectivement ing&#233;rable, les chiffres de fr&#233;quentation des lignes desservant le Sart-Tilman ne justifient probablement pas pas le d&#233;ploiement d'une infrastructure lourde (tram, tram-train ou train) et pour cause : le Sart-Tilman a &#233;t&#233; pens&#233;, de A &#224; Z, pour l'automobile, ce qui est particuli&#232;rement &#233;vident dans l'&#233;clatement des fonctions sur un espace fort vaste, et, hors des p&#233;riodes &#8212; relativement limit&#233;es, dans la journ&#233;e comme dans l'ann&#233;e &#8212; de fr&#233;quentation intensive des &#233;tudiants, ce transport serait vide car tous ceux qui le peuvent se rendent au S-T en voiture plut&#244;t qu'en transport en commun.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;c) Le seul point sur lequel le tram-train semble int&#233;ressant &#224; &#233;tudier (mais que, curieusement, Luc Lebrun n'&#233;voque pas), c'est entre Haut-Pr&#233; et Palais. En effet, il serait possible, dans cette hypoth&#232;se de mettre &#224; quatre voies le tron&#231;on situ&#233; entre Ans et Haut-Pr&#233; (au-del&#224;, c'est quasiment impossible) puis de rejoindre le centre-ville via Fontainebleau et le Cadran. Cela dit, l&#224; encore, une possibilit&#233; ferroviaire alternative existe, avec la r&#233;ouverture du tron&#231;on Ans-Liers, permettant au passage de desservir Alleur, Rocourt, les Hauts-Sarts et Herstal (m&#234;me si ce serait moins rapide). Donc, seul, cet argument ne me semble pas d&#233;terminant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En l'&#233;tat actuel de nos r&#233;flexions, le tram-train n'est donc pas n&#233;cessairement la solution la plus adapt&#233;e &#224; l'agglom&#233;ration li&#233;geoise. Son irruption &#8212; relativement timide, tant qu'&#224; pr&#233;sent &#8212; dans le d&#233;bat public a toutefois le m&#233;rite de rappeler certains fondamentaux : primo, le tram perdra beaucoup de son sens s'il n'est pas interconnect&#233; de mani&#232;re soign&#233;e avec le train et si un r&#233;seau ferroviaire suburbain n'est pas mis en chantier rapidement ; secundo, la limitation des ruptures de charge doit &#234;tre un souci permanent dans la conception du r&#233;seau ; tertio, il faut prendre r&#233;solument &#224; bras-le-corps la question de l'int&#233;gration tarifaire entre r&#233;seaux, pour permettre aux usagers de passer, au sein de l'agglom&#233;ration, d'un mode de transport &#224; l'autre avec le m&#234;me titre de transport, pour le prix d'un ticket de bus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, m&#234;me si le tram-train n'appara&#238;t pas aujourd'hui comme une solution &#233;vidente, il est souhaitable de garder ouverte la possibilit&#233; de l'utiliser &#224; l'avenir, ce qui impliquer d'opter, dans l'infrastructure du tram, pour un gabarit compatible avec le &lt;i&gt;tram-train&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire un &#233;cartement de voies standard (1435 mm) et une largeur des caisses de 2m65 (alors que des largeurs l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieures ont, &#224; notre connaissance, &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;es &#224; plusieurs reprises).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tram de Li&#232;ge : il faut organiser un concours d'architecture...</title>
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		<dc:creator>Moor*Thomas</dc:creator>


		<dc:subject>Tram</dc:subject>
		<dc:subject>Architecture</dc:subject>

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		<title>Les femmes prendront-elles le tram ?</title>
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		<dc:creator>Collin*Mathilde</dc:creator>


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		<description>Dans une r&#233;cente publication, Claudine Lienard fait le point sur la mobilit&#233; au f&#233;minin, en s'appuyant sur une s&#233;rie d'&#233;tudes scientifiques et d'actions men&#233;es dans le cadre de l'&#233;ducation permanente en Wallonie, en particulier avec des femmes en situation de pr&#233;carit&#233;. L'ouvrage reste cependant fort vague sur la mani&#232;re concr&#232;te d'adapter un projet de mobilit&#233; aux r&#233;alit&#233;s de d&#233;placement des femmes. Cette analyse saisit l'opportunit&#233; qui nous est donn&#233;e avec le projet de tram li&#233;geois de r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re (...)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une r&#233;cente publication |&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='LIENARD, C., &#171; &#199;a roule, ma poule ? &#187;, Th&#233;ories et actions collectives de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;|, Claudine Lienard fait le point sur la mobilit&#233; au f&#233;minin, en s'appuyant sur une s&#233;rie d'&#233;tudes scientifiques et d'actions men&#233;es dans le cadre de l'&#233;ducation permanente en Wallonie, en particulier avec des femmes en situation de pr&#233;carit&#233;. L'ouvrage reste cependant fort vague sur la mani&#232;re concr&#232;te d'adapter un projet de mobilit&#233; aux r&#233;alit&#233;s de d&#233;placement des femmes. Cette analyse saisit l'opportunit&#233; qui nous est donn&#233;e avec le projet de tram li&#233;geois de r&#233;fl&#233;chir &#224; la mani&#232;re de traduire et d'int&#233;grer les sp&#233;cificit&#233;s f&#233;minines dans la conception d'un transport en commun et de modifier en cons&#233;quence le r&#233;seau existant. L'int&#233;r&#234;t de cet angle d'approche n'est pas seulement le genre en tant que tel : il permet en filigrane de mettre en lumi&#232;re certains aspects qui sont valables pour toutes les personnes pr&#233;caris&#233;es, &#224; propos desquelles il n'y aurait que peu d'&#233;tude sans l'utilisation du focus genre, tant l'int&#233;r&#234;t des concepteurs urbains est faible pour ces populations insignifiantes tant dans le rapport de force socio-&#233;conomique &#8212; une infrastructure publique doit &#234;tre rentable &#8212; qu'environnemental &#8212; permettre &#224; un pi&#233;ton de monter dans un bus ne contribue pas &#224; r&#233;duire les &#233;missions de CO2.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un premier temps, une pr&#233;sentation des arguments de genre en terme de mobilit&#233; nous permettra de poser un cadre de r&#233;flexion, que nous transposerons ensuite en principes &#224; respecter pour la conception d'un transport en commun adapt&#233; aux types de mobilit&#233; f&#233;minines. Enfin, nous analyserons l'actuel projet de tram li&#233;geois au regard de ces principes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La mobilit&#233; des femmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes et les discours politiques concernant le futur tram li&#233;geois sont bas&#233;s essentiellement sur des conceptions &#233;conomiques, fonctionnelles et quantifiables des d&#233;placements : rentabilit&#233;, flux de voyageurs, vitesse commerciale. Un &#171; bon tram &#187; est un tram qui permettra de transporter un maximum de voyageurs en un minimum de temps, et la d&#233;finition du trac&#233; se prend en fonction de ce gage de r&#233;ussite. Or, du point de vue des usagers, la d&#233;finition d'un tram efficace peut-&#234;tre sensiblement diff&#233;rente en fonction des usages que l'on a de la mobilit&#233;, ceux-ci &#233;tant &#233;troitement li&#233;s aux causes des d&#233;placements, &#224; leur distance, &#224; leur organisation entre eux, au rapport &#224; l'espace et au temps. Ces facteurs sont sensiblement diff&#233;rents selon le sexe des personnes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Concernant les distances parcourues, tout d'abord, les femmes privil&#233;gient la proximit&#233;. M&#234;me lorsqu'elles disposent d'une voiture, elles pr&#233;f&#232;rent un emploi proche du domicile &#224; un emploi &#233;loign&#233; mais correspondant mieux &#224; leurs qualifications. Ce ph&#233;nom&#232;ne s'observe d'autant plus que les femmes sont peu qualifi&#233;es, qui n&#233;gligent des comp&#233;tences professionnelles acquises pr&#233;c&#233;demment au profit de la proximit&#233;. Par contre, elles multiplient les d&#233;placements dans cette zone de proximit&#233;, passant sans cesse d'une activit&#233; &#224; l'autre. Ce ph&#233;nom&#232;ne est accentu&#233; par des emplois &#224; temps partiels et &#224; horaires flexibles, qui obligent parfois &#224; plusieurs d&#233;placements professionnels vers des lieux diff&#233;rents sur une m&#234;me journ&#233;e. Les secteurs de travail &#171; au domicile des clients &#187;, tels que les aides m&#233;nag&#232;res, aides familiales, aides soignantes ou infirmi&#232;res &#224; domicile contribue aussi &#224; renforcer ce sch&#233;ma : un habitat &#233;loign&#233; de la zone de travail rendrait impossible le fait de repasser &#224; la maison entre deux plages horaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La diversit&#233; des t&#226;ches qui incombent encore largement aux femmes, surtout lorsqu'elles ont des enfants, n'est pas non plus sans impact sur la distance des trajets parcourus : il s'agit d'&#234;tre &#224; l'heure aux bons endroits et de savoir tout faire en un laps de temps donn&#233;, ce qui exclut de facto les grandes distances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En cons&#233;quence, la mobilit&#233; des femmes se joue dans un p&#233;rim&#232;tre plus restreint, mais avec des activit&#233;s plus nombreuses, de sorte que l'organisation des d&#233;placements est diff&#233;rentes de celles des hommes : l&#224; o&#249; les hommes vont en grande partie effectuer des trajets dits &#171; pendulaires &#187;, c'est-&#224;-dire des &#171; aller-retour &#187; simples tels que domicile &#8211; travail &#8211; domicile, ou encore domicile - loisir - domicile, les femmes op&#232;rent des circuits plus complexes, tels que domicile - halte-garderie - &#233;cole - travail &#8211; &#233;cole &#8211; halte-garderie - courses - visite familiale - domicile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rapport &#224; l'espace public est &#233;galement &#224; prendre en compte pour la compr&#233;hension des choix de mobilit&#233; diff&#233;rents entre les hommes et les femmes. Le confinement historique et culturel des femmes dans la sph&#232;re priv&#233;e, familiale, influence leur perception des d&#233;placements dans l'espace public. Les motifs de d&#233;placement sont encore souvent li&#233;s aux activit&#233;s de la sph&#232;re priv&#233;e (courses, famille, enfants). Pour un grand nombre de femmes, en particulier lorsqu'elle sont sans emploi, l'espace public n'est parfois v&#233;cu que comme un lieu de passage entre un point priv&#233; et un autre point priv&#233;, l&#224; o&#249; les hommes vont pr&#233;f&#233;rer investir la place publique comme un lieu d'activit&#233; et de rencontre &#224; part enti&#232;re. L'enjeu du transport en commun adapt&#233; aux d&#233;placements de ces femmes est donc aussi celui de leur fournir des espaces de rencontres, que ce soit aux arr&#234;ts ou dans les transports &#224; proprement parler. Ceci est d'autant plus vrai qu'intervient un autre facteur, celui du sentiment d'ins&#233;curit&#233; dans l'espace public, que les femmes contre-carrent en partie par la cr&#233;ation d'habitudes de d&#233;placements, c'est-&#224;-dire par qu'elles empruntent le plus souvent possible le m&#234;me trajet, aux m&#234;mes heures, ce qui est propice &#224; la rencontre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le sentiment d'ins&#233;curit&#233; des femmes dans l'espace publique reste une r&#233;alit&#233;. L'on peut d&#232;s lors se poser la question de l'auto-censure des femmes par rapport &#224; leurs d&#233;placements. L'&#233;tude du nombre total de d&#233;placements, ainsi que leur r&#233;partition en fonction du moment de la journ&#233;e et de la semaine permettrait d'&#233;tayer cette hypoth&#232;se et de v&#233;rifier si la mobilit&#233; des femmes est avant tout une mobilit&#233; &#171; contrainte &#187; (travail, t&#226;ches familiales).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous disposons par contre des chiffres qui indiquent que, bien que de plus en plus nombreuses &#224; disposer d'un permis de conduire et d'un v&#233;hicule personnel, les femmes effectuent une plus grande part de leurs trajets automobiles en tant que passag&#232;re que les hommes, qui pr&#233;f&#232;rent prendre le volant. On peut bien entendu y voir un signe de domination : celui qui conduit contr&#244;le. Mais on peut peut-&#234;tre aussi y voir un deuxi&#232;me type de sentiment d'ins&#233;curit&#233;, par rapport au risque d'accident, et de la responsabilit&#233; de celui-ci. L'hypoth&#232;se est que la combinaison du sentiment d'ins&#233;curit&#233; dans l'espace public et des effets n&#233;fastes du st&#233;r&#233;otype int&#233;rioris&#233; de la &#171; femme au volant &#187; pousserait les femmes &#224; rester chez elles, &#224; opter pour la place du passager ou les transports collectifs, &#224; se d&#233;placer le moins loin, donc le moins de temps, tout cela afin de r&#233;duire un certain nombre de risques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s en terme de nombre, de longueur, de fonctions des d&#233;placements des femmes sont ainsi per&#231;us comme r&#233;sultant de plusieurs facteurs qui se renforcent mutuellement : perp&#233;tuation des r&#244;les sociaux, type de travail disponible, st&#233;r&#233;otypes, sentiment d'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Changer la mani&#232;re de concevoir le transport en commun&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re de concevoir un r&#233;seau de transport en commun ne va certainement pas pouvoir r&#233;soudre l'ensemble de ces probl&#232;mes, ni m&#234;me agir sur chacun d'entre eux. N&#233;anmoins, une r&#233;flexion globale et &#233;cologiste sur la mobilit&#233;, qui r&#233;duirait la pression automobile (donc le risque d'accident, le risque d'impr&#233;vus dans les horaires, et le temps de trajet moyen) et offrirait un panel d'alternatives de mobilit&#233;s douces, en ce compris pour les pi&#233;tons, irait de facto dans le sens d'une meilleure prise en comte des besoins actuels des femmes en d&#233;placement, mais aussi dans le sens de leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier principe &#224; respecter pour concevoir un transport collectif urbain soucieux de respecter les sp&#233;cificit&#233;s f&#233;minines est d'abord d'offrir une mutiplicit&#233; de possibilit&#233;s de parcours. On pr&#233;f&#233;rera donc un r&#233;seau maill&#233;, avec un nombre d'arr&#234;ts &#233;lev&#233; desservant les quartiers d'habitation, dont les diff&#233;rents types de transports sont inter-connect&#233;s en plusieurs endroits (train/tram/bus/v&#233;lo/autres), et ce afin de permettre facilement des types de mobilit&#233; qui comportent plusieurs points d'arr&#234;t sur un m&#234;me parcours non-rectiligne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, la fr&#233;quence des passages doit &#234;tre &#233;lev&#233;e, de mani&#232;re &#224; minimiser les risques de retard, r&#233;dhibitoires lorsque les horaires sont calcul&#233;s &#224; la minute pr&#232;s. Il ne s'agit pas tant d'une question de vitesse que de stabilit&#233;, de fiabilit&#233;, qui permet de pr&#233;voir une organisation pr&#233;cise des t&#226;ches &#224; effectuer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'am&#233;nagement des arr&#234;ts et le choix du mat&#233;riel roulant doivent contribuer &#224; r&#233;duire le sentiment d'ins&#233;curit&#233;, par leur convivialit&#233;, leur &#233;clairage, leur acc&#232;s physique. Cela permettra en outre de favoriser la rencontre entre personnes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Le tram li&#233;geois sous les lunettes du genre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le projet de tram du gouvernement wallon pour a ville de Li&#232;ge se pr&#233;sente sous la forme d'une ligne unique, desservant la rive gauche de la Meuse entre Jemeppe et Basse-Campagne. Trois lignes de bus &#224; haut niveau de service (BHNS) se rabattent sur elle en plusieurs endroits, de mani&#232;re &#224; former un mod&#232;le de transport dit &#171; en arr&#234;tes de poisson &#187;, ce qui signifie que les connexions entre les lignes secondaires ne peuvent se r&#233;aliser que via la ligne principale, augmentant ainsi le nombre de ruptures de charge. Il ne s'agit donc pas d'un r&#233;seau maill&#233; mais d'une ligne principale qui correspond mieux &#224; des d&#233;placements pendulaires, encore majoritairement effectu&#233;s par les hommes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre aucune connexion n'est pr&#233;vue avec le r&#233;seau de chemins de fer. L'inter-modalit&#233; n'a pas &#233;t&#233; pens&#233;e au d&#233;part de la r&#233;flexion, ce qui compromet sa pertinence par la suite. A ce stade, la discussion sur les arr&#234;ts et leur impact urbanistique n'a pas encore eu lieu, pas plus que sur le choix du mat&#233;riel. Nous pouvons craindre que la prise en compte des femmes ne se restreigne &#224; ces aspects, alors que la structure m&#234;me du r&#233;seau est bien plus fondamentale puisqu'elle r&#233;pond aux aspects organisationnels indispensables pour les contraintes familiales et professionnelles des femmes, et qui &#8212; soit dit en passant &#8212; tend &#224; se r&#233;pandre aux hommes, vue l'&#233;volution de la flexibilit&#233; de l'emploi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La parole des femmes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'utilisatrices principales des transports en commun, les femmes n'ont pas &#233;t&#233; associ&#233;es au processus de concertation organis&#233; par le Ministre de la Mobilit&#233;. Ceci e&#251;t &#233;t&#233; d'autant plus n&#233;cessaire que, parmi les personnes en charge du dossier ou responsables de son impl&#233;mentation dans les communes, les femmes sont quasiment absentes, que ce soit au sein des administrations ou parmi les responsables politiques en charge de la mobilit&#233; aux diff&#233;rents niveaux de pouvoir, et dans leur cabinet. La dimension du genre a pourtant bien toute son importance, comme le montre cette analyse. Si elle n'est pas prise en compte, l'effet risque bien d'avoir des effets contraires &#224; la mission d'un service public : les in&#233;galit&#233;s existantes entre usagers, hommes et femmes, mais aussi personnes ais&#233;es et pr&#233;caris&#233;es, seront renforc&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;| LIENARD, C., &lt;i&gt;&#171; &#199;a roule, ma poule ? &#187;, Th&#233;ories et actions collectives de femmes pour la mobilit&#233; en Wallonie&lt;/i&gt;, Cahiers de l'Universit&#233; des femmes n&#176;5, septembre 2010. Les &#233;l&#233;ments th&#233;oriques de cette analyse en sont issus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Li&#232;ge en 2030 : ville po&#232;te ou ville cosm&#233;tique ?</title>
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		<dc:date>2010-10-05T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collin*Mathilde</dc:creator>


		<dc:subject>Citoyennet&#233;</dc:subject>

		<description>Cet article relate et analyse un atelier de r&#233;flexion qui s'est tenu lors du s&#233;minaire r&#233;sidentiel d'urbAgora en octobre 2010, sur le th&#232;me &#171; Li&#232;ge en 2030 ? &#187;. L'objectif du s&#233;minaire &#233;tait de formuler des questions pour l'avenir de Li&#232;ge &#224; un horizon de moyen terme, 2030. &#192; partir de projet actuels qui nous semblent ne pas int&#233;grer une s&#233;rie de d&#233;fis &#224; venir (notamment le pic du p&#233;trole et ses cons&#233;quences sociales) ou qui s'orientent dans une direction que nous ne souhaitons pas pour la ville (i.e. (...)

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/prospective/" rel="directory"&gt;Prospective&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/themes/citoyennete" rel="tag"&gt;Citoyennet&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://lechainonmanquant.be/mots-techniques/education-permanente" rel="tag"&gt;Education permanente&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img class='spip_logos' alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; src=&quot;http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L150xH45/arton80-99946.jpg&quot; width='150' height='45' style='height:45px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article relate et analyse un atelier de r&#233;flexion qui s'est tenu lors du s&#233;minaire r&#233;sidentiel d'urbAgora en octobre 2010, sur le th&#232;me &#171; Li&#232;ge en 2030 ? &#187; |&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Le programme de ce s&#233;minaire est disponible sur le site d'urbAgora.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;|.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'objectif du s&#233;minaire &#233;tait de formuler des questions pour l'avenir de Li&#232;ge &#224; un horizon de moyen terme, 2030. &#192; partir de projet actuels qui nous semblent ne pas int&#233;grer une s&#233;rie de d&#233;fis &#224; venir (notamment le pic du p&#233;trole et ses cons&#233;quences sociales) ou qui s'orientent dans une direction que nous ne souhaitons pas pour la ville (i.e. exclusion visuelle de l'extr&#234;me pauvret&#233; et de la d&#233;tresse sociale, am&#233;nagements qui ne s'int&#232;grent pas dans le b&#226;ti existant, soumission des projets aux volont&#233;s d'acteurs &#233;conomiques puissants), nous voulions imaginer &#224; quoi ressemblerait Li&#232;ge en 2030 : ce &#224; quoi elle ressemblera si l'&#233;volution actuelle suit son cours et ce vers quoi nous voudrions qu'elle &#233;volue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons invit&#233; une s&#233;rie d'intervenants issus de milieux tr&#232;s divers &#8212; associatif, universitaire, administratif, politique, citoyens engag&#233;s &#8212; et leur avons &#224; tous pos&#233; la m&#234;me question : &#171; Comment imaginez-vous Li&#232;ge en 2030 ? &#187;. Cet exercice devait &#224; la fois susciter une r&#233;flexion prospective chez les intervenants et &#233;veiller aupr&#232;s des participants une s&#233;rie de questionnements sur l'avenir, mais aussi leur faire prendre conscience d'un certain nombre de contraintes. La derni&#232;re matin&#233;e &#233;tait quant &#224; elle consacr&#233;e &#224; une mise en commun, &#224; une construction collective d'un avenir pour la ville.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_101 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/modave1.jpg&quot; title='JPEG - 488 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L500xH334/modave1-34ab4-48892.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 488 ko' style='height:334px;width:500px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Les th&#232;mes abord&#233;s lors du week-end ont brass&#233; un large ensemble : le r&#244;le des b&#226;timents symboliques dans une ville, la construction en hauteur, la pr&#233;sence d'espaces verts, la mobilit&#233;, les exclusions sociales dans la ville, les processus de participation citoyenne aux d&#233;cisions, l'impact paysager des d&#233;cisions d'urbanisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au moment de r&#233;aliser une synth&#232;se, les participants ont orient&#233; la discussion en retournant la question de d&#233;part et en se demandant pourquoi ils voulaient faire &#233;voluer la ville. Il s'agissait donc d'identifier ce qu'on aime &#224; Li&#232;ge, pourquoi la ville suscite une passion, &#224; quoi nous sommes r&#233;ellement attach&#233;s. &#192; partir de ces points positifs, il leur semblerait plus facile d'imaginer la ville id&#233;ale qu'en partant de probl&#232;mes. Ceci paraissait d'autant plus pertinent que la plupart des invit&#233;s n'ont en r&#233;alit&#233; pas projet&#233; Li&#232;ge dans l'avenir mais expliqu&#233; leur analyse de la situation actuelle, en mettant l'accent sur les probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre, ce qui donnait l'impression que tout allait mal.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les membres du groupe ont donc questionn&#233; le sujet m&#234;me du s&#233;minaire : &#171; Au fond, pourquoi vouloir faire &#233;voluer la ville &#224; l'horizon 2030 ? Quelle est cette volont&#233; de changement ? Qu'est-ce qui ne nous plait pas dans la ville ? Nous nous y sentons pourtant bien, pourquoi ? Qu'y aimons-nous ? &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sous la houlette de Jo&#235;l Larouche, du bureau Marvayus |&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.marvayus.net/' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;|, les participants ont chacun retenu mentalement une image de Li&#232;ge qu'ils aiment, et ont d&#233;crit chacun &#224; leur tour ce qui se trouvait sur la &#171; photographie &#187; aux autres membres du groupe. Il &#233;tait donc bien question de faire ressortir ce qui est appr&#233;ci&#233; &#224; Li&#232;ge en particulier, et non pas au fait d'habiter en ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plusieurs &#233;l&#233;ments sont ressortis assez nettement : l'importance des &#233;l&#233;ments naturels, des d&#233;placements &#224; pied, v&#233;lo, ou bateau, l'agitation humaine, la cohabitation d'&#233;l&#233;ments anciens et neufs. Plusieurs personnes ont ajout&#233; un commentaire sonore &#224; la photographie, pr&#233;cisant qu'elle pouvait &#234;tre calme (&#224; l'&#233;cart de la circulation automobile, bruits de feuillages, eau qui coule) ou au contraire bruyante (brouhaha de la foule). D'autres ont pr&#233;cis&#233; &#224; quelle moment de la semaine ou de l'ann&#233;e elle &#233;tait prise : le lieu y est en effet habit&#233; et occup&#233; diff&#233;remment en fonction de la p&#233;riode.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, &#224; la question &#171; Qu'est-ce qui pourrait venir g&#226;cher ce lieu ? &#187;, les r&#233;ponses se sont centr&#233;es sur la pr&#233;sence de cam&#233;ras de surveillance, la pr&#233;sence de vigiles, de touristes bruyants, la circulation automobile. Ces &#233;l&#233;ments ayant en commun la construction de barri&#232;res, de limites au champ de vision et d'action dans ce lieu. Se poser pour observer tranquillement le lieu est consid&#233;r&#233; comme une action &#224; part enti&#232;re, un acte de libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, &#224; la question &#171; Comment am&#233;liorer ce lieu ? &#187;, peu d'&#233;l&#233;ments ont &#233;t&#233; cit&#233;s, &#233;tant donn&#233; que les participants ont choisi au d&#233;part des lieux qu'ils appr&#233;cient particuli&#232;rement. N&#233;anmoins, deux points sont ressortis : habiter les &#233;tages dans une rue commer&#231;ante et am&#233;nager un acc&#232;s &#224; la Meuse, un espace de promenade le long des quais.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_102 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/modave2.jpg&quot; title='JPEG - 503.4 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L500xH334/modave2-e5663-0306c.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 503.4 ko' style='height:334px;width:500px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;La discussion qui a suivi a mis en &#233;vidence plusieurs &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En premier lieu, Li&#232;ge est une &lt;strong&gt;ville de contrastes&lt;/strong&gt;, cela fait partie de son histoire mais aussi de sa personnalit&#233;. Le concept de personnalit&#233; a toute son importance car il signifie que le genre de sentiment que l'on &#233;prouve &#224; l'&#233;gard de la ville, et qu'elle suscite aupr&#232;s de nous, sont identiques &#224; ceux que l'on peut &#233;prouver lors d'une relation avec un &#234;tre humain : plus que ses qualit&#233;s et ses d&#233;fauts, ce sont les interactions entre les deux, le temp&#233;rament, qui fondent l'attachement. Cette personnalit&#233; se d&#233;cline en fonction des quartiers, des moments, et se traduit par une ambiance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les &#171; bin&#244;mes indissociables &#187; sont les suivants : tranquilit&#233;/agitation humaine, ancien/nouveau, ancrage/passage. Les &#233;l&#233;ments, mais aussi les cultures et les rythmes de vie se cotoient dans une relative harmonie. Modifier un &#233;l&#233;ment du paysage perturbe l'ensemble de l'&#233;quilibre et doit donc trouver une compensation ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, la notion d'ambiance fait &lt;strong&gt;appel &#224; tous les sens&lt;/strong&gt;. Une simple photographie ne peut suffire &#224; d&#233;crier pourquoi un lieu nous plait. On doit y percevoir le mouvement et sa rapidit&#233;, entendre les sons, humer ses odeurs, entrer en contact avec d'autres personnes. Ce sont tous ces &#233;l&#233;ments qui provoquent un sentiment g&#233;n&#233;ral et diffus de bien &#234;tre, et non uniquement l'agencement des &#233;l&#233;ments ou leur beaut&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, on peut aimer un lieu plus ou moins &lt;strong&gt;en fonction du moment&lt;/strong&gt;, et cela se d&#233;cline sous plusieurs aspects : le moment de la journ&#233;e ou de la semaine, le temps qu'il fait et son impact sur le paysage et les lumi&#232;res, l'&#233;tat d'esprit dans lequel on se trouve. La diversit&#233; des ambiances permet toujours de se sentir bien quelque part, mais cela n&#233;cessite une bonne connaissance de la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quatri&#232;mement, si ce que nous aimons &#224; li&#232;ge rel&#232;ve de la perception et s'ancre dans une relation de moyen ou long terme avec la ville et ses habitants, il parait &lt;strong&gt;difficile de partager cette beaut&#233; avec des gens de passage&lt;/strong&gt;, surtout lorsqu'ils se positionnent en tant que touristes et organisent leur s&#233;jour en fonction de visites de monuments ou b&#226;tisses hors du commun. Cette disposition d'esprit focalise l'attention sur un &#233;l&#233;ment dans le paysage et n'est pas propice &#224; la perception d'ensemble.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cinqui&#232;mement, Li&#232;ge est une ville qui ne cesse de &lt;strong&gt;surprendre&lt;/strong&gt; : on trouve toujours quelque chose auquel on ne s'attend pas, d'improbable. Cette surprise est agr&#233;able mais elle ne peut surgir que lorsque l'on connait bien un lieu. La surprise est diff&#233;rente de la d&#233;couverte car elle n'est pas l'objectif, la raison de se trouver dans un endroit : un touriste peut s'&#233;merveiller de d&#233;couvrir la ville, d'y trouver des choses auxquelles il ne s'attendait pas, mais l'habitant qui traverse le m&#234;me lieu r&#233;guli&#232;rement depuis plusieurs ann&#233;es et qui constate que ce lieu n'est jamais tout &#224; fait le m&#234;me &#233;prouve un sentiment diff&#233;rent, &#224; la fois rassur&#233; par ce qui est connu et &#233;loign&#233; de l'ennui. Ces diff&#233;rences sont dues &#224; la vie, au foisonnement, au mouvement humain dans la ville.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, la composante humaine, la mani&#232;re d'habiter l'espace public, est consid&#233;r&#233; comme un &#233;l&#233;ment essentiel, pr&#233;sent sur les photographies, mais pas encore assez pr&#233;sents en de nombreux endroits de la ville. R&#233;fl&#233;chir aux mani&#232;res de &lt;strong&gt;rendre les espaces publics habitables&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire conviviaux, en faire des lieux o&#249; l'on peut rester et non uniquement passer parait une piste essentielle au d&#233;veloppement de Li&#232;ge.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_103 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://lechainonmanquant.be/IMG/jpg/modave3.jpg&quot; title='JPEG - 397.2 ko' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;&lt;img src='http://lechainonmanquant.be/local/cache-vignettes/L500xH334/modave3-ca661-b2be8.jpg' width='500' height='334' alt='JPEG - 397.2 ko' style='height:334px;width:500px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, le groupe a exprim&#233; des pr&#233;f&#233;rences claires pour des contrastes entre &#233;l&#233;ments de nature diff&#233;rente, mais en insistant fortement sur leur capacit&#233; &#224; dialoguer, &#224; se respecter. En termes de politiques urbaines, cela doit se traduire par une r&#233;habilitation des possibilit&#233;s de rencontres dans l'espace public, par une priorit&#233; aux d&#233;placements lents (&#224; pied, &#224; v&#233;lo) qui permettent facilement de se reconna&#238;tre, de se saluer, de discuter, par une agitation humaine plut&#244;t que technique. La pr&#233;sence du fleuve est importante pour ralentir le rythme de plus en plus rapide de la ville, pour rappeler que certains &#233;l&#233;ments sont stables et non furtifs, que le mouvement peut &#234;tre apaisant. Le sentiment de libert&#233; est &#233;galement mis en avant, au sens de la libert&#233; du promeneur : celle de changer de chemin, de se laisser surprendre, de laisser voyager son esprit en fonction de telle ou telle &#233;vocation. Telle une relation humaine, la relation avec la ville de li&#232;ge est con&#231;ue comme une relation sinc&#232;re, sans cosm&#233;tique, qui accepte des imperfections, n'est pas sans cesse perturb&#233;e par des incursions ext&#233;rieures brutales, dominatrices comme le sont l'invasion de l'automobile ou la destruction d'un quartier au profit d'acteurs aux grand app&#233;tits financiers. Elle ne peut se vivre intimement sous le regard des cam&#233;ras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement, les participants se demandent si ce qui les met en mouvement n'est pas li&#233; &#224; la standardisation des ambiances de la ville. Li&#232;ge po&#232;te deviendrait petit &#224; petit cosm&#233;tique...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;| Le programme de ce s&#233;minaire est disponible &lt;a href=&quot;http://urbagora.be/agenda/seminaire-residentiel-liege-en.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;sur le site d'urbAgora&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;|&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;| &lt;a href=&quot;http://www.marvayus.net/&quot; class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.marvayus.net/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos : Nicolas Bomal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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