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Le chaînon manquant

Un journal en ligne sur les questions urbaines à Liège
vendredi 19 décembre 2014

Analyse

Les Trixhes : utopie et réalités

19 décembre 2014 - par Sophie Hubaut et Caroline Minon

En septembre 2014, l’asbl urbAgora a proposé une visite — guidée par Geoffrey Grulois |1| — de l’ensemble résidentiel du plateau des Trixhes, à Flémalle. Ensemble de logements sociaux, conçu par le Groupe l’Equerre dès le début des années 40, dont la construction s’est étalée pendant près d’une trentaine d’années. Cet ensemble accueille à l’heure actuelle plus de 1 500 habitants. Sa typologie architecturale variée ainsi que la richesse de sa composition urbaine en font un témoin exemplaire des premiers pas de l’architecture moderniste wallonne.

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Plateau des Trixhes : vue sur l’esplanade et la "grand place" ronde. (source : Le groupe l’équerre, 40 ans d’architecture et d’urbanisme, ed. Eugène Wahle, 1977)

L’aménagement du plateau des Trixhes est issu d’un véritable travail de planification urbaine à l’échelle de l’agglomération liégeoise. Le groupe L’Equerre, grand protagoniste du mouvement moderne |2| à Liège, a — à travers ce projet — tenté d’améliorer la qualité de vie de la population ouvrière. Il s’agissait de lui offrir un habitat répondant à tous ses besoins ainsi que les infrastructures nécessaires à la vie communautaire, loin des nuisances de l’industrie. Cela en s’inscrivant dans la lignée des travaux des grands penseurs de l’espace du XXe tels Le Corbusier, Gropius et les CIAM |3|. Malgré cette ambition, à Flémalle, la réalité est, aujourd’hui, toute autre.

Depuis quelque temps, le plateau des Trixhes subit de multiples altérations ; entre démolitions et reconstructions, son visage change progressivement. Cette visite a été l’occasion pour nous de nous questionner sur les raisons de ce changement, sur ce qui a fait que ce projet n’a malheureusement pas résisté au temps, et sur l’avenir possible de ce quartier.

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Immeubles de l’unité 1.

L’ensemble résidentiel des Trixhes : l’histoire d’une utopie urbaine

Nous sommes dans les années 30, Parent, Klutz, Thibaux, Fitschy et Falize viennent de finir leurs études d’architecture à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Quelques années plus tôt, ils ont mis sur pied les premiers numéros de la revue L’Équerre, qui deviendra une référence dans le milieu architectural. Inspiré par les écrits de Le Corbusier et par les réflexions menées lors des tout premiers CIAM, ils défendent une architecture moderniste et interdisciplinaire.

Très vite, ils deviennent le Groupe L’Équerre. C’est alors que Théodule Gonda, bourgmestre de Flémalle — qui compte alors 6 000 habitants — leur propose de se joindre à lui pour réfléchir à une manière plus moderne, plus adéquate et surtout plus humaine de loger les familles ouvrières au sein de son territoire.

Située à une quinzaine de kilomètres de Liège, Flémalle est l’exemple type du territoire liégeois : principalement développée en fond de vallée, sur les rives de la Meuse, où s’entassent corons et usines, et, sur ses hauteurs, des plateaux agricoles hors d’atteinte, à l’abri des nuisances engendrées par l’industrie. Flémalle est donc caractéristique du bassin ouvrier liégeois.

La question était de savoir quelles réponses apporter au problème du logement ouvrier après la Grande Crise de 1929 et les années de misère qui suivirent.

Le souhait des membres du Groupe L’Équerre est de produire quelque chose de différent, de novateur : un habitat à même de révolutionner la qualité de vie des ouvriers. Ils se détournent des réponses toutes faites, extrêmement localisées, qu’offre alors le modèle des corons et réalisent une étude urbanistique à grande échelle |4|.

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Vue des habitations de l’unité 1. (source : Le groupe l’équerre, 40 ans d’architecture et d’urbanisme, ed. Eugène Wahle, 1977)

Aidé par des géographes, L’Equerre produit, en 1937, au bout d’un an d’investigation sur le terrain, un grand survey |5| (enquêtes approfondies de la situation existante d’un lieu en vue d’un aménagement urbain) où sont distinctement identifiés, grâce à une analyse socio-économique, environnementale et physique du territoire, les plateaux qui bénéficient d’une orientation idéale et d’une opportunité de développement urbain. C’est là que devront venir s’édifier les nouveaux projets résidentiels. Ce document aura une importance considérable et finira par aboutir à un schéma d’aménagement global de l’ensemble de l’agglomération liégeoise dans les années 50.

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Etude d’implantation du projet des Trixhes. (source : Le groupe l’équerre, 40 ans d’architecture et d’urbanisme, ed. Eugène Wahle, 1977)

S’inspirant notamment des travaux menés en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis dans les années 20 sur les cités jardins, et des écrits de Lewis Mumford |6|, les architectes du Groupe L’Équerre décident de s’éloigner du modèle de barres de 10 étages préconisées par Le Corbusier et de produire des habitations aux gabarits plus nuancés à une échelle plus humaine. C’est ainsi qu’on retrouve au sein de leur première esquisse, datée elle aussi de 1937, une variété de bâtiments aux typologies différentes : quelques immeubles hauts, d’autres ne dépassant pas trois étages, des petites maisons mitoyennes, ou encore de modestes propriétés terriennes et leur jardin privatif, de façon à permettre aux familles ouvrières de subvenir à leurs besoins alimentaires.

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Avant-projet d’implantation de l’unité d’habitation n°4 : vue perspective, L’Equerre, 1967. (source : Pierre Frankignoulle)

Cette première esquisse repose aussi sur deux idées essentielles autour desquelles viennent s’organiser les 2000 logements projetés : le concept de structure communautaire et celui de cheminement piéton.

Une très grande attention est, en effet, apportée à ces deux composantes. L’unité d’habitation imaginée par le Groupe L’Équerre n’entend pas se limiter à apporter une réponse en termes de logement ; elle veut aussi questionner les besoins en termes d’équipements collectifs, de manière à ce que le projet résidentiel existe comme un quartier à part entière et pas seulement comme une cité dortoir. Une grande importance est donc apportée à la vie communautaire, trop souvent négligée par les recommandations des CIAM et dans les projets de logements sociaux. Cette première esquisse rappelle vivement le projet de ville radieuse |7| du Corbusier, mais diffère de cette dernière par la multiplicité et la diversité typologique des espaces extérieurs proposés.

L’aménagement du plateau des Trixhes est ainsi structuré en différentes unités d’habitations, chacune tournée vers une infrastructure communautaire — définie comme une unité de voisinage — autour de laquelle est organisée la vie sociale : un équipement sportif, un établissement scolaire, un lieu de culte,… Le tout, un peu comme à Radburn |8|, étant articulé autour d’un réseau d’itinéraires piétons et d’espaces publics permettant de relier chaque unité entre elles.

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Plan de Radburn, de Stein et Wright (1929)

Par ailleurs, malgré l’essor de l’automobile, le groupe souhaite empêcher un accès voiture au centre du plateau résidentiel : seules deux grandes voiries traversent donc l’unité de voisinage, le reste des déplacements étant destinés à être piétons ; la grande partie des déplacements motorisés sont ainsi relayés sur le pourtour extérieur du projet |9|.

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Avant projet du plateau des Trixhes : les cheminements piétons sont mis en évidence en foncé. (source : Le groupe l’équerre, 40 ans d’architecture et d’urbanisme, ed. Eugène Wahle, 1977)

L’ambition du Groupe L’Équerre dépassait d’ailleurs le simple aménagement du plateau des Trixhes. L’idée étant plutôt de développer un modèle susceptible d’être reproduit ailleurs dans l’agglomération.

L’arrivée de la seconde guerre mondiale va bien entendu contribuer à mettre le projet entre parenthèses quelques années durant. Mais, dès le début des années 50, une nouvelle esquisse du projet voit le jour, esquisse qui sera d’ailleurs présentée au CIAM VII alors que les congrès abandonnent les réflexions sur le logement de masse au profit d’une réflexion sur ce qui caractérise et anime un centre urbain. C’est cette deuxième version du projet d’aménagement des Trixhes qui sera construite dès 1951. Vu l’envergure du projet, la construction de celui-ci aura lieu en différentes phases successives.

Cependant, force est de constater que, malheureusement, l’intégralité du projet tel qu’imaginé n’a pas été concrétisée : sur les six phases de construction prévues, seules quatre verront le jour. Les derniers ajouts du groupe L’Équerre auront lieu à la fin des années 1970. Mais la métamorphose du plateau des Trixhes ne s’est pas arrêtée là pour autant : entre modifications, rénovations, démolitions et reconstructions, le quartier n’a cessé d’évoluer en s’éloignant des utopies des urbanistes, et sans toujours tenir ses promesses. Tentons ensemble de comprendre pourquoi et d’imaginer ce qui pourrait, aujourd’hui, atténuer ou relativiser cette impression d’échec.

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Plan d’implantation du projet des Trixhes, tel que réalisé en 82. (source : Le groupe l’équerre, 40 ans d’architecture et d’urbanisme, ed. Eugène Wahle, 1977)

Le déclin des Trixhes : clés de compréhension et analyse.

Notre visite du plateau des Trixhes, en septembre dernier, nous a révélé l’image d’une cité quasi fantôme, aux espaces publics démesurés et aux habitants absents. Il nous est apparu également que le projet, tel qu’il avait été pensé, n’avait manifestement jamais abouti, et avait aussi subi des modifications majeures dans le temps. Mais d’où provient ce constat plutôt amer ? Nous avançons ici quelques éléments de réponse et quelques hypothèses issues de nos discussions avec Geoffrey Grulois, par ailleurs alimentées par le travail de Pierre Frankignoulle |10|, historien et professeur à la faculté d’architecture de l’ULg, particulièrement engagé en faveur de la sauvegarde du patrimoine moderne liégeois.

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Larges espaces publics du plateau des Trixhes.

Tout d’abord, notons qu’il s’agissait d’un projet très ambitieux et dont la construction devait s’étaler sur plusieurs décennies : un timing qui l’a certainement rendu vulnérable aux aléas du temps, comme les évolutions des politiques. Ainsi, lorsqu’en 1982, le groupe l’Équerre est liquidé suite à une faillite et que la Région wallonne coupe — pour une dizaine d’années — dans les budgets octroyés aux logements sociaux, le projet doit s’arrêter net.

Alors qu’il devait se constituer de six unités fonctionnant en réseaux dialoguant les unes avec les autres, seules quatre ont donc effectivement été construites. Parmi celles-ci, seule la première — la phase I — est réellement emblématique de ce que devait représenter « une unité de voisinage » : un ensemble de logements dans un cadre de verdure, organisés autour d’un espace public (la place Émile Vinck, ses petits commerces et services sociaux) et d’un équipement communautaire (l’école maternelle) |11|. Les unités plus récentes se rapprochent quant à elles davantage de barres de logements isolées, et, bien que les espaces publics y soient imposants, d’autres fonctions — comme le commerce de proximité — y font défaut.

Le projet n’a donc jamais atteint la taille espérée, ce qui expliquerait notamment le surdimensionnement des espaces publics de la cité par rapport au nombre effectif d’habitants. Par ailleurs, des mal-façons ont pu être constatées dans certains logements érigés lors des dernières phases de constructions ; victimes de l’humidité et de ponts thermiques, plusieurs ont dû être rénovés — voire carrément démolis — avant même de pouvoir accueillir leurs premiers habitants. En 2011, c’est une zone entière (phase IV) de la cité des Trixhes qui fut rasée suite à des problèmes d’humidité — et ce, malgré des rénovations récentes —, le terrain a ensuite été vendu à un promoteur |12|. Seuls quelques petits indices — le tracé des routes, quelques rond-points et lampadaires, enfouis sous la végétation reprenant peu à peu le dessus — trahissent aujourd’hui la nature de son ancienne implantation.

Au delà de ces défauts de conception et de l’abandon du projet, le site a sans doute aussi souffert d’une mauvaise gestion — dont la responsabilité revient à « La Maison des Hommes », la société de logements sociaux de la commune de Flémalle — qui n’a pas tenu compte des intentions premières du groupe L’Equerre. En ce qui concerne les bâtiments, notons que certains furent démolis pour être remplacés par d’autres, rompant complètement avec la composition initiale des lieux. C’est le cas d’un bâtiment semi-circulaire de logements qui devait refermer une « grand place » ronde, au cœur d’une des quatre unités |13|. Aujourd’hui, c’est un bâtiment de qualité architecturale médiocre qui le remplace, implanté au centre de cette ancienne place et peu ouvert sur l’espace public. Le grand immeuble haut à l’extrémité nord-ouest du site, fut quant à lui rénové selon des standards esthétiques surprenants, à la fin des années 90.

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Immeuble Haut des Trixhes, rénové en 1999

Le souhait de départ était aussi de laisser à disposition de privés des parcelles à construire, afin d’éviter le repli sur soi des populations plus fragilisées. Cette idée fut abandonnée et la cité n’a depuis jamais été réellement intégrée dans le tissu urbain. Pire même, puisque les différentes unités de la cité sont isolées les unes des autres, essentiellement par la voie rapide (N677) passant en plein cœur du site des Trixhes. Une voie rapide qui, précisons-le, fut dès le départ présente dans les esquisses du projet, mais dans le but de relier le quartier à d’autres et non de devenir l’axe principal de liaisons entre Flémalle et l’autoroute. Qui plus est, cette voie n’est actuellement franchissable par les piétons qu’à quelques endroits, principalement via un tunnel relativement lugubre.

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Tunnel piétonnier, passant sous la voie rapide.

Si le groupe L’Equerre avait dessiné cette route dans le projet, il n’en avait pas moins destiné de grande surfaces aux cheminements piétons, avec — fidèle à l’époque et aux idées modernistes — une séparation des deux modes de locomotion. Dans les faits, les axes piétonniers ont, pour l’essentiel, finalement laissé place à l’automobile.

Devrait-on l’expliquer par un manque de densité, d’équipements, et/ou de services ? Ou simplement par l’avènement de l’automobile correspondant à la même époque ? Les explications sont sans doute multiples, mais l’une d’elles nous semble importante à relever : c’est très certainement la volonté initiale d’offrir un peu de campagne aux ouvriers, à l’écart des centres urbains et industriels, qui a participé au développement important de la voiture dans le quartier. En effet, le plateau résidentiel des Trixhes devait être desservi par une ligne de bus rapide et fréquente, plutôt que par un axe de transport structurel (tram, train). Aujourd’hui, trois lignes de bus desservent le quartier |14|, dont une, seulement, -la ligne 3- mène au centre de Liège, à raison de 2 trajets par heure et par sens en semaine et un itinéraire de 40 minutes. La gare de Flémalle-Haute, bien qu’à proximité (à vol d’oiseau), se situe en contrebas, dans la vallée, ce qui la rend difficile d’accès par rapport aux Trixhes. Isolés et mal desservis, les habitants du quartier ont donc peu d’alternatives à la voiture pour se déplacer.

Vers une redensification du plateau des Trixhes ? Des pistes pour l’avenir du quartier

Finalement, plus que de nous permettre simplement d’identifier les lacunes du site, sa visite nous a aussi amené à évoquer son possible avenir : un réinvestissement de ce quartier serait-il envisageable ou souhaitable ? Il nous a semblé que ce débat pouvait, voire devait, être mis sur la table, tout en prenant le parti de dire qu’il était nécessaire de densifier les Trixhes.

Si ce parti pris peut sembler étrange, puisqu’il revient à défendre un quartier isolé et éloigné du centre de Liège, symbole des débuts de la périurbanisation, nous pensons que ce réinvestissement ne doit — évidemment pas — se faire sans conditions. La première étant, bien sûr, de subordonner un futur projet de construction à la mise en place d’un transport en commun structurel et efficace pour décloisonner celui-ci, et éviter un nouvel afflux d’habitants dépendants de la voiture. Inversement, la re-densification du site pourrait justifier des investissements plus importants en termes de transports en commun vers et depuis le quartier.

Le site étant aujourd’hui fort refermé sur lui même, et quasi uniquement occupé par des logements sociaux, une seconde condition à sa re-densification doit pouvoir être l’instauration d’une mixité sociale par la construction d’autres types de logements, répartis sur l’ensemble du plateau. L’attrait d’une nouvelle population — en prenant soin de ne pas faire fuir les moins aisés — devrait apporter à la commune de Flémalle une source de revenus supplémentaire, qui doit être mise à profit pour renforcer les services fournis à l’ensemble des habitants, notamment en termes de qualité d’aménagement des espaces publics et de leur entretien.

En plus d’une mixité sociale, c’est bien entendu une mixité fonctionnelle que l’on doit préconiser, en s’assurant notamment de la présence — au delà des équipements socio-culturels et sportifs actuels — de commerces de proximité aujourd’hui quasiment absents. Bien entendu, ces commerces ne s’installeront que s’ils y trouvent leur compte en termes de clientèle : là encore, re-densifier le site permettra de justifier leur implantation, sous forme d’un « petit noyau villageois ».

Liaison de transport en commun forte, mixité sociale et fonctionnelle sont donc trois conditions nécessaires à intégrer à un futur projet de re-densification et de réinvestissement du quartier. Selon nous, celui-ci pourra dès lors devenir, de par sa morphologie et ses typologies, ainsi que par ses cheminements piétons requalifiés, « un éco-quartier » à juste titre, beaucoup plus proche de ce standard que bon nombre de nouveaux développements actuels arborant le label. Des pseudos « éco-quartiers », très peu denses, sortant de terre sur des terrains jusqu’alors non-urbanisés, augmentant ainsi l’emprise de la ville sur sa périphérie.

Dans cette optique, nous ne pouvons que nous réjouir de voir la commune de Flémalle mettre sur pieds une réflexion de densification sur le plateau des Trixhes, dans le cadre de son schéma de cohérence territoriale |15|. Tirant leçons, cependant, de l’histoire du plateau et de ses nombreuses modifications, il nous semble important de rester vigilant sur l’impact social de certains gestes urbanistiques. Rappelons-nous, dès lors, les intentions premières du groupe L’Équerre, qui souhaitait pour ce quartier une véritable cohésion sociale, et soulignons qu’une urbanisation de type quatre-façades, concentrée dans une même zone (l’ancienne Phase IV) comme le plan le laisse présager, ne serait en aucun cas porteur d’une telle cohésion.

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Schéma de Cohérence Territoriale de Flemalle : plateau des Trixhes (source : Commune de Flemalle)

|1| Ingénieur architecte, enseignant l’histoire de l’urbanisme à l’Université Libre de Bruxelles.

|2| À propos du modernisme à Liège, voir aussi l’analyse : « Du patrimoine architectural moderne à Liège, un débat en chantier ».

|3| Congrès Internationaux d’Architecture Moderne.

|4| Notons que, dès les années ’20, une réflexion est entamée en Belgique sur les cités-jardins : un modèle de cité ouvrière « à la campagne », comme la cité du Logis-Floréal de Watermael-Boitsfort. Les réflexions de L’Équerre s’inscrivent dans cette réflexion.

|5| Fitschy P., Klutz E., Parent E., Thibaux A., Le Plan d’Urbanisation de la commune de Flémalle-Haute, 1937-1940, Administration Communale de Flémalle-Haute, 1940. et Fitschy P., Klutz E., Parent E., Thibaux A., Les Cahiers d’urbanisme n° 11 : Technique des surveys régionaux, Bruxelles, Art et Technique. 1952.

|6| Lewis Mumford (1895-1990) : historien américain de l’urbanisme, il critique énormément l’étalement urbain et la structure des villes modernes — supposés responsables de fléaux sociaux — qui mènera les civilisations occidentales à leur perte. Il prône le retour à un aménagement du territoire organique qui faciliterait les interactions sociales entre les hommes.

|7| La ville radieuse est un projet non-réalisé dessiné par le Corbusier dès 1924. Conçue en accord avec le principe de séparation des fonctions, la ville radieuse est la ville du futur, construite ex nihilo, destinée à offrir à ses habitants une meilleur qualité de vie, mais aussi à améliorer l’ensemble de la société, en proposant des espaces verts en abondance et un ensoleillement de qualité.

|8| La communauté de Radburn est l’un des premiers exemple d’unité de voisinage, fondée en 1929, dans l’état du New Jersey, par Clarence Stein et Henry Wright. Radburn a pour vocation de séparer les modes de circulation et est développée autour d’un cheminement piétonnier qui ne croise quasiment jamais aucune route principale.

|9| Notons que les parkings et garages aujourd’hui présents sur le site n’ont été ajoutés au projet qu’au cours des années 70, et n’étaient pas prévus au départ.

|10| Folville, F., Frankignoulle, P. « Flemalle, la cité des Trixhes » in Le patrimoine moderne et contemporain de Wallonie. De 1792 à 1958. Ed. Patrimoine de Wallonnie, 1999. Et Frankignoulle, P., Malherbe, A. « Le logement social » in Les cahiers de l’urbanisme n°28-29, Fevrier 2000.

|11| Intervention de Geoffrey Grulois dans un article de A. Delaunois, « L’Équerre et l’architecture moderne à Liège », Le Soir, 26 février 2013.

|13| Peu de sources justifient aujourd’hui la raison de la démolition. Il semblerait que le bâtiment, vide depuis quelques années, était en proie à des incivilités.

|14| La ligne 3 Liège - Tilleur - Jemeppe - Flémalle - Trixhes ; 32 Flémalle - Jemeppe - Seraing - Boncelles – CHU. Et 91 Flémalle Trixhes - Seraing Bois Abbaye – Neuville.

À propos des auteurs

Caroline Minon est urbaniste et architecte. Sophie Hubaut est architecte. Elles sont membres de l’équipe permanente de l’asbl urbAgora.

Cette publication a reçu le soutien
du ministère de la culture,
secteur de l'Education permanente

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