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Le chaînon manquant

Un journal en ligne sur les questions urbaines à Liège
mardi 11 octobre 2011

Edito

Démocratie urbaine ?

Chronique dans A+ #231 - août/septembre 2011

11 octobre 2011 - par François Schreuer

Alors que débute la campagne des élections communales, il n’est pas
inutile de s’interroger sur l’état du débat démocratique a l’échelon
local. Trop nombreux, nous semble-t-il, y sont en effet les responsables a
toujours considérer l’élection comme suffisante — rejetant volontiers
toute forme de « démocratie participative » (formule consacrée) comme
inefficace ou illégitime. À leur yeux, « la » démocratie est un régime
politique, une catégorie binaire (to be or not...). Tel n’est pas notre
avis. L’idée démocratique devrait plutôt être considérée comme un principe
— jamais pleinement réalisé et intrinsèquement souhaitable —, celui du
droit de chaque citoyen a prendre part a la délibération publique. Ce qui
suppose quelques égards pour lui.

Il faut d’abord reconnaitre comme (aussi) politiques — et à ce titre
susceptibles de faire l’objet du débat — des questions qui sont
aujourd’hui cantonnées à la seule sphère des techniciens. L’urbanisme ou
les grands projets d’architecture publique sont évidemment concernés. À ce
titre, le rôle des experts est appelé a évoluer, en augmentant le nombre
de leurs interlocuteurs.

Il faut ensuite rendre disponible toute l’information intéressant le débat
public. La mise en ligne de l’information — y compris celle qui concerne
les demandes de permis d’urbanisme ou le travail des CCATM — devrait être
systématique et rapide. Plus que cela, les grandes villes devraient se
doter — les modèles internationaux ne manquent pas —, de lieux dédiés a
l’exposition de leurs projets.

Il faut enfin permettre l’existence d’un débat contradictoire. Cela passe
notamment par l’inscription, dans les missions des télévisions publiques
locales, de l’organisation d’un débat hebdomadaire. Cela passe aussi par
le financement — et notamment par chacun d’entre nous — de contre-pouvoirs a qui il est demandé de produire un travail d’analyse et de documentation critique sur les projets d’aménagement urbain.

C’est seulement lorsque ces trois conditions sont remplies qu’il devient
pertinent d’envisager des formes de démocratie dite « participative » — qui
ne seront que des compléments au processus représentatif qui conserve sa
centralité. Loin des caricatures qu’on en fait, les possibilités
intéressantes ne manquent pas — concours d’idées, budgets
participatifs,... — et leur usage peut améliorer la qualité des projets
tout en évitant de stériles confrontations entre promoteurs d’un projet
s’entêtant dans une idée et citoyens réduits malgré eux à la figure des
opposants « bêtes et méchants ». On en est loin.

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